Cahier de doléances

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Bon, à Paris, ça reste à Gauche. Tu me diras, c’est facile, puisque vous n’avez pas voté. En Aquitaine, ma foi, ça reste pas mal à gauche (à part les Pyrénées Atlantiques qui virent au bleu).

Maintenant, la question que l’on se pose, c’est : c’est quoi la gauche, aujourd’hui ?

Ben, il faut bien reconnaître que la gauche en place s’est acharnée à montrer qu’elle pouvait être gestionnaire du capitalisme, selon les mêmes règles qu’appliqueront les gars de l’UMP qui, eux, en vérité, se sont toujours avérés de très mauvais gestionnaires. Je prédis en effet que les fameux chiffres après lesquels courent les ministres vont arriver. Déjà, le déficit public a baissé (alors qu’il augmentait sous l’UMP), la dette va baisser, même le chômage, va baisser. Si, si, vous allez voir. Et la croissance va remonter. Ben oui, ça sera comme quand Jospin était premier ministre : les comptes, un exemple (que Sarkozy s’est appliqué à déglinguer).

Quand on s’amusera à comparer les bilans Hollande/Sarkozy, il n’y aura pas photo. Hollande, au final, aura remis de l’ordre dans le merdier. Ok. Mais, le Français, ils n’élisent pas des comptables, et surtout pas les comptables d’une société toujours plus injuste, dont les problèmes s’aggravent chaque jour. Pauvreté qui augment, richesse qui augmente (pour une minorité), racisme qui augmente du fait de la gestion catastrophique de l’inégalité des chances, de la ghettoïsation des migrants, de l’incapacité à favoriser le lien social interculturel, interclasse.

Ce ne sont pas de comptables dont on a besoin, mais de gens qui réfléchissent et agissent, nous associent aux décisions. Hollande 2012 : « notre ennemi, c’est la finance ! ». Hé hé hé, François, tu t’es foutu de nous, sur le coup. Tu trouves pas ? Pourquoi t’as pas nationalisé les banques qui ont remboursé leurs conneries sur nos impôts ? Là, t’aurais été notre héros !

Bref, ce dont on aurait besoin, c’est d’un changement de république, avec interdiction du moindre cumul de mandat, des mandats limités à trois ans, des conseils de quartier, que sais-je, toutes les solutions qui fassent que nous ne soyons plus dans une représentation de professionnels de la politique, mais de citoyens impliqués. Tant de choses à imaginer pour un monde plus juste dans lequel le citoyen aurait une vraie part, au lieu d’être représentés par des beaux parleurs.

En même temps que je dis ça, je sais bien que ceux qui sont prêts à cette aventure, à remettre en question le système économique, pour l’heure, ils ne représentent rien. Mais rien du tout dans le paysage Français. Une infime minorité silencieuse ou gueularde dans les manifs. Mais le peuple lui-même n’est pas mûr. Il aime se bercer de droite à gauche, de droite à gauche, de droite à gauche…

Si l’on faisait des cahiers de doléances aujourd’hui, les gens demanderaient moins d’impôts, moins de fonctionnaires et davantage de service public. Un truc du genre, quoi. Ah oui, et moins d’étrangers.

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10 commentaires pour Cahier de doléances

  1. hetre dit :

    Avant au XVIIIe siècle c’était facile. Tu avais le clergé, la noblesse et le tiers état.
    L’analyse actuelle est très compliquée Tu as les politiques, les hauts fonctionnaires, les gros trust, les sportifs de haut niveau, les actionnaires, les mafias, les pauvres et les assistés. Même Marx serait déboussolé dans son analyse.
    Il faudrait remettre tout à plat avec un revenu mini-maxi pour tout le monde, un partage de travail et de responsabilités, un droit à l’éducation, à la consommation, à la santé et une meilleure indemnisation pour les intermittents du spectacle.
    Ah ! j’oubliais … une vie décente pour les retraités.

  2. Sarro Philippe dit :

    Il faut une nouvelle critique de l’économie politique dans un monde ou l’emploi salarié va disparaître à cause de l’automatisation généralisée, toutes les études le montrent, même Bill Gates le dit et on attend 3 millions de suppression d’emplois d’ici 10 ans. La destruction créatrice de Shumpeter ne marche plus dans la révolution digitale et le traitement intensif des données massives.

    Il faut réfléchir sur une nouvelle solvabilité des gens et casser la machine à concentrer la richesse. La gauche doit s’emparer de ces questions et l’expliquer aux citoyens au lieu de croire que la croissance (la mécroissance) entropique va résoudre les problèmes. Il faut redéfinir ce qu’est le mot Travail (et non l’emploi) dans un sens néguentropique dans une societé de la connaissance, du partage du savoir et de la désautomatitasation des esprits s’appuyant sur le coté positif de l’automatisation généralisée.

    Mais des ya qu’à et des faut qu’on …

  3. serge barande dit :

    Les thunes bouffent les idéaux sociétaux ! Et ça fait belle burnette que le chevènement (euh…), que le cheminement (désolé!) s’est engagé ainsi.
    La Droite fut très gauche pour contrecarrer tout ceci (fallait pas non plus s’attendre à autre chose : « merde, où j’ai laissé ma Rollex ? »)
    Et la Gauche reste très maladroite à le faire aussi (et en cela, réside le Comble).
    Et le MODEM s’entriste à constater cela. Cela va de soi, en toute logique de son positionnement.
    Quant à « La Verdure » (EELV), je leur conseillerais très gentiment de sortir « du corps de Tanguy » (mon côté vielle série), et de maturer un poil en l’urgence sociétale dont ils devraient être davantage tenants et décisionnaires.
    Et je ne parle pas des autres, ce serait leur faire trop d’honneur…

    Au lieu du Plan-plan-naïsme redondant – sous-prétextant que l’on ne peut rien y faire (ma pauv’ dame, mon pauv’ monsieur…) – je prônerais volontiers le sortage-de-doigt-du-cuïsme !
    Tè… ! Ils me fatiguent…

  4. Lydie dit :

    Ta question : c’est quoi la gauche, aujourd’hui ?

    Ben… La gauche, c’est à gauche de la droite ; donc, forcément, ça a un lien avec la droite ; peuvent pas se passer l’une de l’autre… 😀

    Euh, franchement… ya vraiment une grosse différence entre elles ??

    La gauche, je dirais… c’est une sorte de droite… mais bien plus à gauche… 😉

    Faudrait parfois un gps pour s’y retrouver !
    « … pardon, un peu plus à l’ouest ! » aurait dit ce cher Tryphon…

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