La, c’est vraiment pour dire que j’ai fait un article…

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Délicat d’écrire un article quand on sait qu’on n’a rien de particulier à raconter. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne se passe rien. Mais rien de ce qui se passe (pourtant important et positif) n’a de place dans le blog. C’est tout. Bien sûr, je pourrais m’indigner de la Turquie qui bombarde un peu les islamistes pour écrabouiller beaucoup le PKK, m’attrister d’avoir assisté comme nous tous au renoncement de Tsipras à la fabrication d’une histoire nouvelle, m’amuser de voir les vacances corses de l’ex président gâchées par un nouvel épisode judiciaire, faire bouhouhou au dentiste Américain dont le plaisir réside à casser du lion, m’affliger une nouvelle fois d’un gouvernement socialiste qui n’est bon qu’à faire du commerce international en regardant grimper les courbes du chômage, me satisfaire des déchirements de la famille Facho. Mais bon, rien de singulier dans tout ça. De la banalité collective. Mais voilà, c’est décidé, je vais au square lire mes deux versions de scénario, tiens.

Tout vient à point…

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Bien rentré de Tchoum (limite Charentes/Dordogne). Très beau, Tchoum. De retour à Paris, il pleut.

Revenons donc aux affaires. Pour le mois de septembre, j’ai failli tourner dans une série policière, dans un téléfilm dans lequel j’aurais joué un mari assassiné, et dans un autre où j’aurais joué un monsieur qui a acheté un enfant à sa femme. Tout ça tombe à l’eau. En haut, ils n’ont pas voulu de moi. C’est jamais agréable d’être le Poulidor de service, coiffé au poteau en finale (vous noterez la métaphore cycliste le jour de l’arrivée du Tour de France).

Mais tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles car, ce fameux mois de septembre, je devrais finalement tourner dans un très beau film de cinéma, avec un beau personnage, aux côté d’acteurs phénoménaux, sur un scénario magistral piloté par un jeune réalisateur déjà très remarqué. Heureusement qu’il y a eu de la débinade en amont ! Si ça se fait, je vais me retrouver dans un film radical et magnifique, un des plus beaux de ma carrière, à faire avoir une attaque à Momo. J’attends la confirmation de tout cela avec une certaine impatience. Décidément, après Toril qui fût déjà du très grand cru, je vais prendre goût aux émotions artistiques fortes !

Un peu folle quand même…

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Il est très gros, tout noir, sans poil, le bourdon qui vient butiner le datura tous les matins. Il fait son boulot et disparaît. Juste à côté, la lavande est fréquentée en permanences par des abeilles, petits bourdons et papillons. Bourdonnement constant. Dès qu’on passe à table, c’est Jacqueline la guêpe qui déboule. Inutile d’envisager de débuter le repas tant qu’elle n’a pas fait le tour des plats verres et assiettes. Une fois l’inspection faite, Jacqueline repart. Mais si un plat lui convient particulièrement, mieux vaut lui laisser une petite part sur la table de pierre voisine pour s’assurer un peu de tranquillité. Comme chacun ici, Jacqueline a ses habitudes. Elle voue une grande affection pour le troisième pied de la table. Je ne sais si ce lieu est lié à un souvenir sentimental, mais elle y tient à son pied. Malheur à celui qui viendra s’attabler à cet endroit. Jacqueline viendra tournoyer, bourdonner autour de lui, jusqu’à ce qu’il se déplace.

Jacqueline est autoritaire. Un peu comme Angela Merkel. Si le Tsipras baisse pas la retraite des vieux et n’augmente pas la TVA des pauvres, elle le piquera. Pour Angela, le mieux serait d’enlever ce premier ministre de gauche d’ailleurs, pour le remplacer par des technocrates. Elle aimerait bien, Angela, que tous les premiers ministres d’Europe soient de droite et fassent la même politique qu’elle, celle ou quelques riches sont toujours plus riches, beaucoup de pauvres de plus en plus pauvres et le moyens, toujours plus moyens, pourvu qu’ils baissent un peu quand même. C’est son ordre à elle. Elle n’a aucune envie qu’on vienne le déranger. Pas folle la guêpe.

Le Maire et l’hirondelle

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Monsieur le Sénateur, Mesdames, Messieurs, mes chers concitoyens,

Ce matin, dans les rues d’un petit village aux confins de la Dordogne, j’ai vu une hirondelle. Si une hirondelle ne fait pas le printemps, celle-là elle a fait le mien. Bien tardif, certes, mais en ce 14 juillet, c’était la première que je voyais. Avez-vous vu des hirondelles, vous ? Depuis quand les nids de vos maisons et de vos granges sont-ils désertés ? Depuis combien d’années ? Peut-être n’y aviez-vous pas prêté attention. Peut-être confondez-vous les martinets avec les hirondelles de votre enfance. Il est vrai que leurs silhouettes se ressemblent. Mais les martinets n’ont pas mis leur jabot blanc des jours de fête.

J’en vois déjà qui se demandent ce que vient faire une hirondelle dans un discours de 14 juillet. Qu’il en vienne au fait ! J’y viens.

Monsieur le Sénateur, Mesdames, Messieurs, chers concitoyens, ces dix dernières années ce sont plus de 84 % de la population des hirondelles qui a disparu. 84 % ! Et pourquoi cette hécatombe ? La faute aux pesticides. Si le pinson se nourrit de graines, l’hirondelle se nourrit d’insectes qu’elle attrape en vol. Et par la faute des pesticides, sa nourriture a disparu. Et pourquoi a-t-on tué les hirondelles ? Pour produire davantage, récolter toujours plus, à des prix de plus en plus bas. Les agriculteurs eux-mêmes pensaient qu’en envoyant leurs nuages toxiques, ils gagneraient plus d’argent. Mais il n’en est rien. Ils crèvent comme les hirondelles. Ils crèvent parce que produire davantage n’est pas un choix mais la logique d’un marché qui de toute façon leur échappe. Et ce n’est pas que Bruxelles qui dicte les lois. Ce sont ces multinationales de l’agro-alimentaire, les Monsento et compagnie. C’est la logique de l’argent qui s’est abattue sur la fabrication de notre nourriture, nous interdisant bientôt de cultiver notre propre jardin si nous ne plantons pas des graines estampillées par les grandes firmes. Mais dans quel monde vivons-nous ? Comment pouvons-nous laisser faire ? Car si aujourd’hui, ce sont les hirondelles qui disparaissent, les abeilles, un jour ce seront les agriculteurs intoxiqués par les pesticides qu’ils déversent, puis nous tous par ce que nous ingurgitons les yeux fermés.

Monsieur le Sénateur, Mesdames, Messieurs, chers concitoyens, un jour viendra où, comme en ce jour que nous commémorons aujourd’hui, le peuple prendra la Bastille de l’argent de la finance fait roi. Et ce jour-là, peut-être que les hirondelles le vivront-elles comme un message d’espoir et de renaissance.

Bien, en fait, le discours du Maire n’avait rien à voir avec ceci. C’était un notable socialiste qui a tenu un discours sécuritaire se félicitant de voir le GIGN sur les Champs Élysées, avoir vu la police et la gendarmerie applaudies le 11 janvier. C’est est suivi un paragraphe pro-Européen. Tout bien comme à la télé. Tu parles, l’Europe, on l’a vue à l’œuvre dans les négociations avec la Grèce. L’autre con de ministre des finances de je ne sais quel pays qui se plaint que les retraites des Grecs sont deux fois supérieures à celles des retraités de son pays. Connard ! En plus, tu t’en vantes ?

Je rêve, ou bien ?

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Assouplissement de la publicité pour l’alcool parce qu’il est maintenant certain que l’alcoolisme des jeunes n’est pas un problème. Travail du dimanche. Plafonnement des indemnités pour licenciement abusif, parce que, on veut bien qu’on licencie de façon abusive, mais faudrait voir à ne pas trop le faire payer au patronat. Libéralisation des transports en autobus parce qu’on est bien certain que ça polluera davantage que le train. Enfouissement de déchets radioactifs dans la Meuse sur proposition d’un sénateur Républicain. Tout est bon dans la loi Macron ! Ils sont où les socialistes ?

Réalisateur montant son casting à la chaîne

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Bon, si ça ne tenait qu’à moi, je serais pris. Les essais se sont très bien passés. Mais comme pour l’autre téléfilm, le casting remontera à la chaîne, avec les propositions du réalisateur (et de la directrice de casting), et c’est elle qui décidera (la chaîne) si la proposition tient ou s’il vaut mieux changer son fusil d’épaule. Donc, pas de réponse avant la redescente du troupeau d’acteurs. Trop vieux ? Trop jeune ? Trop brun par rapport à la fille ? Impec ? Allez donc savoir à quoi ça tient d’être pris sur un téléfilm.

Depuis la vallée, ne reste qu’à poser son cul sur un gros rocher et lancer sa canne au gave pour passer le temps, un petit poste de radio dans l’herbe, grésillant des nouvelles de la Grèce et des procès de Jean-Marie.