Le Maire et l’hirondelle

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Monsieur le Sénateur, Mesdames, Messieurs, mes chers concitoyens,

Ce matin, dans les rues d’un petit village aux confins de la Dordogne, j’ai vu une hirondelle. Si une hirondelle ne fait pas le printemps, celle-là elle a fait le mien. Bien tardif, certes, mais en ce 14 juillet, c’était la première que je voyais. Avez-vous vu des hirondelles, vous ? Depuis quand les nids de vos maisons et de vos granges sont-ils désertés ? Depuis combien d’années ? Peut-être n’y aviez-vous pas prêté attention. Peut-être confondez-vous les martinets avec les hirondelles de votre enfance. Il est vrai que leurs silhouettes se ressemblent. Mais les martinets n’ont pas mis leur jabot blanc des jours de fête.

J’en vois déjà qui se demandent ce que vient faire une hirondelle dans un discours de 14 juillet. Qu’il en vienne au fait ! J’y viens.

Monsieur le Sénateur, Mesdames, Messieurs, chers concitoyens, ces dix dernières années ce sont plus de 84 % de la population des hirondelles qui a disparu. 84 % ! Et pourquoi cette hécatombe ? La faute aux pesticides. Si le pinson se nourrit de graines, l’hirondelle se nourrit d’insectes qu’elle attrape en vol. Et par la faute des pesticides, sa nourriture a disparu. Et pourquoi a-t-on tué les hirondelles ? Pour produire davantage, récolter toujours plus, à des prix de plus en plus bas. Les agriculteurs eux-mêmes pensaient qu’en envoyant leurs nuages toxiques, ils gagneraient plus d’argent. Mais il n’en est rien. Ils crèvent comme les hirondelles. Ils crèvent parce que produire davantage n’est pas un choix mais la logique d’un marché qui de toute façon leur échappe. Et ce n’est pas que Bruxelles qui dicte les lois. Ce sont ces multinationales de l’agro-alimentaire, les Monsento et compagnie. C’est la logique de l’argent qui s’est abattue sur la fabrication de notre nourriture, nous interdisant bientôt de cultiver notre propre jardin si nous ne plantons pas des graines estampillées par les grandes firmes. Mais dans quel monde vivons-nous ? Comment pouvons-nous laisser faire ? Car si aujourd’hui, ce sont les hirondelles qui disparaissent, les abeilles, un jour ce seront les agriculteurs intoxiqués par les pesticides qu’ils déversent, puis nous tous par ce que nous ingurgitons les yeux fermés.

Monsieur le Sénateur, Mesdames, Messieurs, chers concitoyens, un jour viendra où, comme en ce jour que nous commémorons aujourd’hui, le peuple prendra la Bastille de l’argent de la finance fait roi. Et ce jour-là, peut-être que les hirondelles le vivront-elles comme un message d’espoir et de renaissance.

Bien, en fait, le discours du Maire n’avait rien à voir avec ceci. C’était un notable socialiste qui a tenu un discours sécuritaire se félicitant de voir le GIGN sur les Champs Élysées, avoir vu la police et la gendarmerie applaudies le 11 janvier. C’est est suivi un paragraphe pro-Européen. Tout bien comme à la télé. Tu parles, l’Europe, on l’a vue à l’œuvre dans les négociations avec la Grèce. L’autre con de ministre des finances de je ne sais quel pays qui se plaint que les retraites des Grecs sont deux fois supérieures à celles des retraités de son pays. Connard ! En plus, tu t’en vantes ?

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23 commentaires pour Le Maire et l’hirondelle

  1. Pascale dit :

    Aux armes !!!

  2. Betty Plume dit :

    Tout ça est parfaitement réaliste mais il ne faut pas sous estimer le pouvoir d’adaptation de la nature et, si il est sur que nous sommes dans un processus de destruction total, les animaux, les arbres, les plantes se régénèreront de plus belle…………. apres nous et notre savoir infiniment PETIT.

  3. serge barande dit :

    Alors là, Lapin, je t’aime !!!

    Le Programme STOC de la LPO (Suivi Temporel des Oiseaux Communs, initié par la Ligue pour la Protection des Oiseaux – traduction des sigles) met en exergue tout ceci.

    Et outre ces études menées depuis vingt ans qui corroborent ceci, les témoignages des gens « lambda » que j’informe à longueur d’année sur la biodiv en général, correspondent à ces souvenirs d’enfance s’étiolant (ce qui n’est pas anodin et qui confirme bien le caractère très marqué du ressenti de chacun) : « Avant, y en avait plein les fils téléphoniques en septembre. Je m’en souviens, quand j’étais petit c’était l’époque où on reprenait l’école ».

    Destruction et mutation de tout poil. Haies saccagées, agro-industrie développée, engrais sulfatés…
    Dans mes anims (bénévoles) faites auprès du « grand public », j’ai l’habitude de répondre lorsque l’on m’interroge sur l’état de santé des populations d’oiseaux :  » Si t’es insectivore strict, nicheur à proximité ou DANS des paysages agro-industriels, et de surcroît migrateur transsaharien, t’es en grande souffrance, poussin « .

    L’Hirondelle est, malgré elle – je préfèrerai qu’elle ne le soit pas – un sacré exemple en ce sens et vecteur de prise de conscience.

    Mais il n’y a pas qu’elle, malheureusement. Tous les oiseaux liés de près et même de loin aux « paysages agricoles » au sens large, vivent les mêmes difficultés.

    Vous n’avez qu’à consulter la Liste rouge des Oiseaux nicheurs de France (aisément trouvable sur la toile). Et vous vous apercevrez que la Linotte mélodieuse est devenue une espèce « Vulnérable » (‘plus que menacée’, en d’autres termes), alors qu’elle fait partie de notre linguistique (« tête de Linotte »), et qu’en ce sens historique, elle était si banale que l’Homme en avait tiré une expression.

    C’est peu dire…

    Sur cette avifaune de proximité, autrefois si abondante, accompagnante de nos enfances naturalistes, et devenue maintenant « de peu », j’aurai tant d’exemples que je vous en soulerai, vous en blueserai même.
    Mais c’est juste une putain de réalité !
    On a pris l’Hirondelle, (la faute ou la belle raison de Bernard), mais on aurait pu tout aussi bien prendre l’Alouette des champs, le Bruant proyer, la Bergeronnette printanière, le Rouge-queue à front blanc… Et qui sais-je encore, tant il y en a !

    Et c’est juste pour tout ça que je bataille associativement et bénévolement dans mon quotidien depuis plus de 35 ans.

    Euh… Bernard… ni le GIGN, ni très très très peu d’élus se sont investis dans tout ceci…

    Les Élus, les Ministères, l’État… obéissent avant tout à des doctrines basées sur des calculs, des lobbys, faisant absolument fi – et de tout temps à jamais – du boulot de terrain des Associatifs qui sont ceux qui diagnostiquent avant tous autres les périls que subit notre biodiversité.

    Nous, expert(e)s en cette matière particulière et assez compliquée, ne sommes sollicité(e)s que par intérêt particulier (lobbyiste, du coup), sans jamais que soit visé l’intérêt général.

    C’est à parfois se taper le cul par-terre !!!!!!!!!!!

    Mais je reste bien vivant et combatif en tout cela, jusqu’à mon dernier souffle !

  4. bordenave dit :

    Merci Bernard pour ce compte rendu ; à ARROS DE NAY aussi plus d’hirondelle ,seul vestige un nid désaffecté dans mon garage . Par contre je contemple souvent des chauves souris dans ce même garage et malgré la peur de ma belle fille ce n’est vraiment pas une corvée que de balayer les fientes .
    Soucis pour nos enfants et PETITS ENFANTS . Ce putain de « pognon » détruit tout .
    Au plaisir de te revoir bises amitiés jojo

  5. Lydie dit :

    Parfois, en se promenant près de champs ou de vignes, il faudrait porter un masque à gaz…
    De plus, certains agriculteurs n’hésitent pas à traiter quand il vente alors que c’est défendu… 😦

    • Blog Blancan dit :

      Quand tu traites, tu mets ton tracteur face au vent. Comme ça, toi, tu es pépère. Quant aux autres, ils n’ont qu’à acheter nos trucs pourris 😉

  6. Lydie dit :

    Ici, je vois tout de même des martinets ET des hirondelles, il me semble…

    Au fait Serge, je sais pas si tu as vu ma réponse à ta question dans le post de BB du 8 juil ?

    • Blog Blancan dit :

      Dans mon enfance, il y avait des hirondelles partout (ventre blanc). Cette année, j’ai vu ma première il y a 2 jours. Il ne reste que les cousins martinets (ventre noir). Mais il en reste encore 16 % 😉

    • serge barande dit :

      Non, mais je viens de regarder, merci ! J’espère que ça fonctionne pour lui.
      J’ai aussi pu lire « l’histoire des colliers de perles », celles des aiguilles à tricoter, des propositions capillaires… Une vraie SAGA !!!…

  7. Lydie dit :

    Je relis ce que tu as écrit Bernard…

    Comment ça, tu te plains ???!
    … Alors qu’il y avait plein d’hirondelles sur les Champs-Élysées !!?
    Tu vois bien qu’elles ne sont pas près de disparaître !!

    Avec des variétés :
    T’as l’hirondelle à cagoule,
    l’hirondelle à moto,
    l’hirondelle des ronds-points…
    😉

  8. Ce maire soudain écolo (belle anticipation !) aurait pu projeter à la fin de son discours cette mini-vidéo, prise le jour du défilé sur « les Champs »… :

  9. Sarro Philippe dit :

    Petite annagramme:

    ENTREPRISE MONSANTO = POISON TRES REMANENT

  10. Sarro Philippe dit :

    Hier sur les Champs, il y avait des gazelles, des frelons et des tigres.

  11. serge barande dit :

    Sage Jojo d’Arros de Nay !
    Mieux vaut balayer quelques fientes que de voir toute vie sauvage disparaître progressivement autour de nous !

  12. Lydie dit :

    Hé, moi je le sais…

    C’est toi qui dois DEVINER !!

    😀

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