Des histoires

histoiresHier, j’assistais à la lecture publique de la pièce écrite par un copain, Frédéric Proust. Super distribution de quatre acteurs et actrices trentenaires, pour un super texte. Une bonne dose de rire en après-midi, ça ne peut que faire du bien. Malgré cela, ils n’ont pas l’assurance de jouer dans ce théâtre. Ils envisagent déjà d’autres lectures, dans d’autres théâtres. On croit que c’est simple de faire l’artiste intermittent, que tout tombe tout cuit, mais c’est un sacré boulot avant qu’un spectacle ou un film voient le jour.

À la sortie, je papotais avec une comédienne qui me racontait son histoire. Elle avait été comédienne dans sa jeunesse, puis la vie lui avait fait prendre d’autres chemins, loin des projecteurs. Un jour, pour arrondir ses fins de mois, elle décide de louer sa maison à une équipe de tournage. Une fois le tournage commencé dans ses murs, elle redécouvre tout ce qu’elle avait laissé, les costumes, le maquillage, la régie, la mise en scène, toute cette agitation autour de la fabrication d’histoires. Et elle est partout, la dame. Elle s’intéresse à tout. À tel point que, quand l’équipe change de décor, le réalisateur lui propose de les suivre dans le suivant, pour leur donner un coup de main. De fil en aiguille, elle se retrouve à travailler sur plein de tournages, un coup à tel poste, un autre à tel autre jusqu’au jour où… Elle est première assistante sur un petit film et la comédienne qui doit jouer une dame âgée n’est pas là. Le réalisateur la regarde. De toute évidence, il n’y a qu’elle pour sauver la journée. Pourtant, personne ne sait qu’elle a été un jour comédienne. Costume, maquillage, apprentissage des quelques phrases, moteur, action ! Et là, tout le monde est sur le cul. À commencer par elle. En un instant elle a retrouvé le plaisir de jouer qu’elle avait enfermé toutes ces années. Depuis deux ans, elle tourne, tourne, tourne… Ceci n’est pas un scénario de fiction.

À propos de scénario de fiction, je travaille en ce moment à l’adaptation de Catapulte. J’avoue que je me régale. Je commence à préférer le film au livre. Mais après tout, ce ne sont que des histoires.

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17 commentaires pour Des histoires

  1. Pascale dit :

    Grande famille ces Proust.

  2. Très belle anecdote, ça donne de l’espoir à tous 😉
    Bises Bernard,

  3. serge barande dit :

    Quelle belle histoire ! Guy Marchand chantait « Destinée »… On en a ainsi une certaine mise en images, au travers de tes mots.
    Et inversement, de tes mots (Catapulte), tu mets en futures images. Bien que tes mots soient certainement, au moment de l’écriture du roman, issus d’images.
    Les phrases sortent de paysages et d’instants pour, au final, se retranscrire en paysages et instants.
    La boucle est ainsi bouclée.

  4. serge barande dit :

    Et Yvette Horner l’accompagnait, cheveux (rouge) au vent.
    N’empêche que j’ai remonté le fil du temps et de tes écrits…
    Ben il s’en passe de belles en trois semaines. Et pas que des courses cyclistes !
    J’ai vécu comme un sauvage durant ces trois semaines. C’était super !
    Mais l’hiver approche à grands pas et la situation m’inviterait plutôt à me réfugier qu’à aller danser à poil en bord de Garonne.
    Va me falloir aller ranger quelques conserves au chaud, on ne sait jamais.
    Le brun décembre pointe son nez.
    Noël qui vient n’aura peut-être pas le goût des confiseries d’antan…
    Puis janvier prochain aura le dess(e)in du précédent. En mon cœur en tout cas.
    Dessine moi un mouton, stp.

  5. hetre dit :

    Mais si ils volent les ours : un mouton par ci, un pottok par là…eux aussi ils font la manche.

    • Blog Blancan dit :

      Et voilà… les bergers se réveillent et profitent de ma blague pour attaquer ces pauvres bêtes 😉

      • serge barande dit :

        Pfff ! Ces ours, des pilleurs de ruchers.
        Pi c’est pas fini, ch’sais pas si vous êtes au jus (presse y a une semaine), mais y aurait même eu un loup (ou pseudo-loup) qui est venu se planquer dans un poulailler de Dordogne ! Et sans bouffer une seule poule !!! Quel con !!!!
        Oh… ben il n’y a pas survécu longtemps le « chien sans collier » (qui ne mange pas toujours à sa faim mais qui est libre). Le voisin du gars au poulailler avait un fusil et… PIM-PAM illico dans ses crocs!
        On attend toujours les résultats de l’autopsie pour avérer qu’il s’agissait bien d’un loup.
        J’ai l’impression de vous raconter une fablounette du début du siècle dernier… Mais c’est pourtant un fait réel.
        Quand c’est sauvage, que tu connais pas (et donc que ça fait flipper), tu flingues !
        Et si c’est une « vipère » (souvent une bonne grosse mémère de couleuvre inoffensive), tu lui fous un pet de bâton sur le coin de la gueule, la saloperie !
        Fait chier toute cette biodiversité ! On en est envahi jusque dans nos poulaillers. D’ici que ça recommence à bouffer nos mioches…

        C’est pas pour Hêtre, tout ça, juste sur le fond de ce que l’on vit. Quand y aura plus que dalle, que des bagnoles qui schlinguent, les mêmes diront que c’était mieux avant…
        Bah… Je m’agace tout seul !

  6. Lydie dit :

    … elle seulement eu une double chance : louer sa maison, puis tomber sur un réalisateur sympa ou/et opportuniste !

    Et d’autres, qui ont autant ou plus de talent ne connaitront pas cette chance.

    Au moins, cette histoire permet d’espérer ! 🙂

  7. Lydie dit :

    En lisant Catapulte, des images viennent forcément à l’esprit… me tarde de connaître celles que tu es en train de nous concocter ! 🙂

  8. Didier dit :

    (Pour Catapulte)
    C’est une évidence !

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