Mon 2015

canane

2015 a commencé directement en annonçant la couleur : attentat de janvier. Le début de l’horreur. À titre professionnel, je ne suis plus intermittent à partir de cette date.

Pour la télé.

Nous avons terminé en janvier le tournage de la saison 6 d’Un Village Français. Saison éprouvante pour moi qui voit Anselme glisser dans l’horreur avec les autres. J’ai eu beaucoup de mal à accepter ses réactions dans diverses circonstances. Notamment au commissariat quand les miliciens se font descendre. Intellectuellement, bien sûr, cette saison est remarquable dans ce qu’elle montre de la confusion qui pouvait régner en cette année 44. Mais ça demande quelque gymnastique émotionnelle pour l’acteur qui doit interpréter le personnage. C’est aussi ça, le boulot.

J’enchaînais avec un Meurtres à Carcassonne. Personnage complètement à l’ouest qui se déguise en templier pour venger sa fille. Très plaisant à jouer, les allumés.

Pour le cinéma.

Deux petits rôles dans deux jolis premiers long-métrages. Vendeur de Sylvain Desclous avec Gilbert Melki et Pio Marmaï devrait vous enchanter dès le mois d’avril. Quant à Une pierre deux coups de Fejria Deliba, ceux qui auront la chance de participer au festival Premiers Plans d’Angers le verront puisqu’il y est sélectionné. Dans les deux cas, j’y occupe une participation symbolique dictée d’abord par ma relation d’amitié avec ces deux réalisateurs.

En mai, nous étions dans la section de l’ACID à Cannes avec Cosmodrama de Philippe Fernandez. Le film est un véritable OVNI cinématographique, à la fois drôle et profond, radical et esthétique. Des propositions filmiques comme celle-ci, on en voit trop peu. C’est aussi ses qualités qui en font un produit difficilement commercialisable. Tout ce qui sort des rails du convenu se heurte au rempart de ce que l’on imagine des attentes des spectateurs quand on envisage la chose d’un point de vue commercial. On espère tous un sortie, même petite, en avril. Il faudra guetter…

Un des plus beaux rôles de ma carrière, je le dois à Laurent Teyssier pour Toril. J’y joue le père de Vincent Rottier. Une très grosse aventure artistique et humaine. J’aurais du mal à ne pas le voir dans une des sélections cannoises 2016.

J’ai aussi joué l’artiste d’Art Brut pour Philippe Lespinasse. On en reparlera…

Mais le cinéma, c’est aussi le court-métrage. J’ai eu le plaisir de participer à des projets très forts, cette année. Dans En Famille, le très bunuelien film de Jérôme Vaquet, j’interprète un père de famille bourgeoise dépassé par les événements. Film très étrange aussi, extrêmement radical dans sa conception et son esthétique, Hotaru de William Laboury devrait ne pas laisser indifférent en 2016. Je joue un personnage en voix-off. Souvenir de mes pratiques radiophoniques. J’adore cet exercice. Et d’ailleurs, Patrick Vuittenez, un collègue de la Fémis de William, m’a demandé de jouer en voix-off aussi, le fantôme du père dans « Ne te retourne pas ». Un très joli court-métrage que vous devriez retrouver avec les autres à Clermont-Ferrand 2016. Participation à un hyper court pour Patrick Pouchin concourant au Nikon Film Festival.

Pour rester dans le cinoche mais côté formation, j’ai eu le bonheur d’animer un stage pour La Réplique aux côtés de Cyril Lecomte et Coralie Amedeo à Nice puis une intervention à Louis Lumière avec Myriam Aziza.

2015 aura aussi été la sortie de Catapulte, mon premier petit roman. Salons aquitains à Bazas, Polar en Cabanes de Bordeaux et Livres en Citadelle de Blaye, ou encore le festival de Cognac. Du livre est né la tentative d’une adaptation télévisuelle de l’histoire. Projet en cours dont rien ne dit qu’il verra le jour.

Comme réalisateur, j’ai commencé le tournage d’un documentaire autour du sujet des livres, justement. À suivre en 2016. J’ai aussi écrit un super court-métrage de fiction, Manigances. Une fable médiévale adaptée du Décaméron de Boccace. Nous verrons si 2016 permettra ou non au projet d’exister. Il passera dans diverses commissions d’attributions d’aides dès janvier 2016. Un autre projet de long-métrage pourrait bien se réveiller l’an prochain…

Sinon, 2015 se sera aussi achevé dans l’horreur des attentats de Paris. Moi qui ramène ma fraise régulièrement sur les questions politiques et sociétales, le coup a été tel que ça m’a cloué le bec. En même temps, en écoutant notre représentation politique, on peut avoir l’impression que la déflagration a mis à l’envers tous les esprits, ceux de droite passant à gauche, ceux de gauche obliquant à droite. Confusion générale en état d’urgence généralisé et constitutionnel.

Sinon, ça y est. La maison en Charente. On se souhaitera la suite le moment venu.

Cet article a été publié dans blancan. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

15 commentaires pour Mon 2015

  1. Hélène dit :

    Pour toi et tous les fidèles commentateurs : Pascale, Serge, Lydie, Hêtre….Et tous les autres… 😉

  2. Tomaticha dit :

    Merci pour cette rétrospective, Bernard. Et merci Hélène pour cette fleur et sa beauté. Que 2016 vous soit douce, ainsi qu’aux blogpotes.

  3. claude dit :

    Il est 5 h 14 (du mat), et dès potron-minet je t’adresse mes voeux pour une brillante, effervescente et stupéfiante année 2016. Tu es le tout premier bénéficiaire de mes voeux de Nouvel An. Tu ne sens pas déjà quelque chose qui t’envahit et t’ébouriffe ? Allez, l’ami, très très bonne année !

    • Blog Blancan dit :

      Ces voeux matinaux me sont allés droit au coeur ! Une belle année à toi et à L ! Ça me ferait plaisir que l’on se croise dans les 365 jours à venir. Amitié

  4. Lydie dit :

    Que l’année nouvelle soit douce ou pétillante, selon les souhaits de chacun 🙂

    Merci Hélène, c’est p’têtr bête mais ça m’a beaucoup touchée.

  5. Lydie dit :

    Elle est jolie ta maison… il est où l’ascenseur ?

  6. Lydie dit :

    C’est, comment dire… Parfait !! 😀

  7. serge barande dit :

    Pour « un bricolo du tenon et de la mortaise », en toutes belles métaphores et constructions des Choses… tu as quand même fait en 2015 un très joli parcours.
    Par intermittence, certes, mais un très joli parcours de vie d’Artiste, quand même… !
    Je retiens ceci pour l’Homme que tu es. Le gars du Sérail.
    Le Gars « d’en bas », dit-on……..
    Et te considérer ainsi, est assez jouissif…
    Faisant (parfois) fi des puissants, avec force et convictions artistiques, tu arrives parfois à certaines de tes fins (faims).
    Mon cœur t’accompagne, Bernard, en cette démarche !
    Que 2016 te régale… ! Et je pense à toi…

Les commentaires sont fermés.