Agora

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Avertissement : si la politique te saoule, ne lis pas cet article !

Ce matin, j’ai entendu quelques minutes Pierre Gattaz sur France Inter. Finalement, je n’ai rien à enlever à mon article d’avant-hier. Les auditeurs avaient une analyse plutôt proche des conneries que j’ai pu dire.

Comme je suis assez obsessionnel, je me suis lancé dans des recherches de données (population, budget de l’état, coût du chomage, de la santé, des prestations sociales…) sur Internet pour chiffrer l’idée d’un revenu universel (salaire de base versé à tout le monde, travaillant ou pas (ceux qui travaillent gagneraient évidemment davantage)). Eh bien, ce n’est pas si utopique que cela paraît. C’est finançable (bien sûr, il faudrait plancher là-dessus avec quelques économistes). Quand le chômage est conditionné à des tas de choses, le revenu universel serait systématique et constant. Son montant serait suffisant pour vivre sans pour autant décourager quiconque de travailler.

Une telle mesure aurait pour effet d’inverser le rapport de force patrons/salariés. Du moins, tout simplement le rééquilibrer. Ça effacerait une bonne part de l’angoisse collective de se retrouver sans rien. Cette angoisse née du chômage, de la masse qu’il représente et de son indemnisation dégressive. Dans la situation que nous connaissons, les patrons peuvent tout s’autoriser : « si t’es pas content, il y en a d’autres qui attendent la place ! ». Avoir un travail est devenu un luxe que les patrons font payer cher en demandant à ceux qui travaillent toujours plus de productivité, sous prétexte qu’ils ont la chance de travailler.

Un petit patron qui intervenait comme auditeur disait très justement qu’il fallait valoriser les boulots pénibles. Les gens s’y usent la santé et ce sont les plus mal payés. En toute logique, ces boulots devraient être aussi bien payés que les boulots qui demandent de grandes qualifications.

Quand on se penche un peu sur la question, on se rend compte que des tas de choses sont possibles, à condition de vouloir traiter les causes des frustrations et de la souffrance, du sentiment d’injustice, de la peur.

Or, cette peur qui fait aller certains vers les causes les plus nauséabondes, qui fait se dresser les uns contre les autres, elle semble un ingrédient indispensable à la bonne marche d’une économie libérale. Précarisation de l’emploi et chômage, c’est tout bénef pour le grands patrons (je rappelle que le MEDEF représente essentiellement le grand patronat et, de façon plus anecdotique, le petit patronat idéologique).

Le pays n’a pas besoin de Macron (voix du MEDEF), mais de vrais politiques qui veuillent bien agir dans le sens commun, pour le grand nombre et non pas pour les bénéfices de quelques grands groupes industriels, alimentaires ou chimiques.

Ce que je dis là, naïvement n’est pas nécessairement la caricature d’un discours de gauche ou populiste. Le bon sens n’est pas obligatoirement un gros mos. Mais pour que la politique s’empare enfin des questions de politique, d’une meilleure organisation de la vie commune, plus juste, plus équitable, il faudrait pour cela que les élus n’aient pas le regard rivé sur la date des prochaines élections, mais osent de profonds changements et pensent pour l’ensemble, sur le long terme, dans le seul intérêt de la population. Ce qui est le contraire absolu de ce que nous vivons depuis pas mal de temps, maintenant.

Mais bon, ils ont bon dos, les politiques. Il faudrait aussi que la population accepte les changements. Et ça, c’est une autre histoire…

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32 commentaires pour Agora

  1. Lydie dit :

    Je l’ai pas lu, hein !

    J’attends le résumé de Serge…

  2. Lydie dit :

    Finalement si, je l’ai lu.
    Je l’ai grignoté de bas en haut, précautionneusement et arrivée au début je me suis dit « oh, déjà !? ». Et J’suis repartie lire la conclusion.

    Super, cet article, pas ennuyeux du tout, très instructif.
    Mais, avec ce que tu proposévoques, est-ce que la notion d’effort, de compétition saine, de challenges ne serait pas trop gommée… ?

    (tu vas répondre que j’ai rien compris je parie 😉 )

    • Blog Blancan dit :

      Je ne crois pas. C’est l’histoire du bon niveau de salaire de base à trouver. Ceux qui veulent s’en contenter le feront. Mais, franchement, ne rien foutre, c’est gonflant. Et du coup, c’est aussi le travail lui-même qui s’en trouvera modifié. Peut-être qu’on travaillera moins, sur des durées plus courtes, mais qu’il y aura davantage de gens qui pourront bosser. Si le travail n’est plus l’esclavage, la pression, la déprime, c’est un espace social très valorisant pour chacun, pour vivre mieux en se sentant utile. Le principe est de ne pas construire en culpabilisant, mais en donnant envie. (je sais, je rêve)

  3. Sarro Philippe dit :

    Tiens André Gorz s’est réincarné en toi. (voir son livre Misère du présent, richesse du possible)

    Sinon le conseil national du numérique (CNNnum) vient de sortir un rapport qui a été remis au ministre du travail, dans lequel il prône le revenu de base et le revenu contributif pour faire face à l’automatisation généralisée et le bouleversement du marché de l’emploi par la révolution numérique.
    Faut dire que plusieurs études de cabinets sérieux annoncent une réduction drastiques de l’emploi dans les prochaines années et que la destruction créatrice de Shumpeter ne fonctionne plus vraiment dans cette révolution numérique en cours.

    Le rapport est à lire ci dessus
    http://www.cnnumerique.fr/wp-content/uploads/2015/11/Rapport-travail-version-finale.pdf

    • Blog Blancan dit :

      Ce qu’il y a de bien, avec toi, c’est que j’ai l’impression que mes conneries, d’autres s’y sont sérieusement penché dessus. Je me sens moins seul.

  4. Pascale dit :

    Je n’ai pas lu cet article.
    Merci de prévenir.
    IL va y avoir de la poésie 🙂

  5. serge barande dit :

    Bon.., je n’ai plus besoin de résumer alors ?

    Je peux donc directement nous plonger au temps des sociétés primitives et évoquer ce grand philosophe que fut Rahan (le fils de Crâo).

    En ces temps-là, les Âges Farouches, l’Homme politique n’existait pas. Il y avait des clans.
    Dans les clans, il y avait un chef, forcément. Souvent controversé d’ailleurs – comme dans les meutes de loups, le mâle dominant ou dans les hardes de cerfs, le gros mâle, ou bien encore chez les troupeaux d’éléphants, la ‘mère supérieure’ (ouf ! enfin un semblant de parité).

    Mais comme le chef du clan, c’était le plus baraqué – ce pourquoi il était chef… – il foutait la pâté aux contestataires qui la ramenaient un peu trop. Et il restait Le chef, jusqu’à ce qu’un plus baraqué que lui, lui pète la gueule et devienne chef à sa place.

    De nos jours, c’est plus cool… Y a des urnes, des candidats démocrates et républicains (enfin, Dieu triera les Siens…). Mais les militants en campagne se foutent encore bien sur la gueule lors des collages d’affiches. Pas pour eux-mêmes et pour leurs propres intérêts, mais pour le candidat qu’ils supportent.
    Notez au passage la différence avec les Âges Farouches, où chacun ne voyait que midi à sa porte et ne prêchait que pour sa propre paroisse (expressions qu’à l’époque, ceux des clans ne maîtrisaient pas tout à fait encore).
    De nos jours, en revanche, il y a le droit de grève et de protestation. Mais le chef d’aujourd’hui bénéficie de l’existence des compagnies de sécurité pour te foutre la pâté. Avant, lui-même te la mettait. Maintenant, comme il a un peu forci (l’apanage lié aux agapes du pouvoir), il a des sbires qui font le job pour lui.

    En ces temps farouches, personne ne bossait. Des « emplois » existaient, pourtant : chasseur, pêcheur, cueilleur. Mais celui qui avait le malheur de piquer l’emploi (le lieu de cueillette) d’autrui, s’il était plus faible, il se prenait la pâté.
    De nos jours, ça c’est civilisé, y a le licenciement. La force brutale a peu à peu, au fil d’un octroie d’intelligences basé sur des millénaires d’Évolution, laissé la place à des dispositions moins franches, plus vicieuses…

    En ces temps farouches, une sorte de revenu universel existait pourtant. Cueilli au quotidien dans la nature. A troquer, au besoin (je te passe une truite, j’en ai trop et tu me refiles une bécasse). Et sans facturation ni problème de paperasse ni d’obsolescence d’appareils ménagers.

    La société d’aujourd’hui tend à revenir peu à peu vers certains systèmes « comparables » : jardins potagers urbains et périurbains participatifs, paniers de légumes associatifs maraîchers bio, vente directe, assos de lutte contre le gaspillage du système de la grande consommation, troc de tâches ménagères ou de bricolage entre particuliers contre autre chose (tu me répares ma hutte, je te refile une truite)…

    Éloigner les dictats de l’économie classique devient même un exercice d’ingéniosité, sinon de plus en plus un sport national. Mais développé un peu seulement par une frange de la société qui, au temps des Âges Farouches, n’aurait probablement pas eu l’occasion de voir naître un chef de clan parmi ses tenants. Se serait fait prendre la pâté. Sont pas faits pour ça. Pas dans les gènes.
    Trop solidaires et participatifs pour avoir l’Envie du Pouvoir, et de dominer et régner sur leurs potes du même clan… Bien au contraire.

    Ainsi primitivement analysé, merci Rahan (bise à papa) – et comme la mode a l’avantage de te le refiler régulièrement dans les pattes, te disant que c’est novateur : « Si-si, je te jure… » – je suis à me questionner parfois sur les très grands avantages de l’Évolution de l’Humanité (dit-on), entre gains, complexifications, souffrances induites et dérèglements des neurones généralisés.

    Mais bon…
    Et Gattaz, dans tout ça ?… Ben Rahan lui aurait foutu la pâté, pardi !

    Vous remarquerez que je n’ai rien dit sur les religions, ni d’ailleurs sur la baisse du prix au kilo du porc breton (n’y voyez pas de lien), qui ruinent les esprits aussi bien que certains producteurs.
    Il est là le lien, tè ! S’il faut en voir un.

    N’empêche que ce revenu universel, comptablement parlant, il est évidemment jouable.
    Mais entre frilosités partagées et peurs du lendemain, les élus comme les citoyens vont rester un bon moment le cul entre deux chaises.
    A moins que ces derniers ne bousculent les élus lors de grands mouvements sociaux dans les rues.

    Hein ?…
    Excusez-moi deux secondes, y a le Balou qui m’interpelle (il lit par-dessus mon épaule, l’effronté).
    Quoi, les compagnies de sécurité !?…
    Ben oui, je l’ai écrit déjà. Et alors ?…
    Elles vont leur péter la gueule aux citoyens ?…
    Ah ben ça…
    Allez, repose-toi, va… le Balou.

  6. hetre dit :

    Si je comprends bien, tu te lances dans la campagne 2017. Tu devrais avoir tes chances et je te conseille Serge au ministère de la culture et Balou aux finances. Il m’a l’air d’être un bon chien de rapport et on le fait tremper dans toutes les sauces.

  7. hetre dit :

    Je viens de faire une étude sérieuse et ça devrait marcher.

  8. mais de toute façon , on pense pour nous et pis les primaires à gauche (alias la prochaine machine à entubage) ça va tout régler

  9. hetre dit :

    J’étais persuadé qu’il n’y avait aucun primaire à gauche.

    • Blog Blancan dit :

      Des primaires, il y en a dans tous les camps 😉

      • serge barande dit :

        Ils n’en veulent justement pas, de primaires à gauche (pour l’instant…).
        J’invente rien, c’est le Manu qui l’a dit l’autre soir (le François avait dû lui dire ce qu’il fallait qu’il dise, le Manu).
        Enfin… Il a dit quasi texto que « le candidat naturel est le président sortant ». /
        Et vlan ! Dans les dents des militants !

        Niveau choix, c’est assez limité : comme un petit budget ne servant qu’à acquérir une sorte de toooouuuute petite bagnole d’occase, et sans options.
        Ah si, pardon… Comme « option », y a quand même la marche arrière. Et elle fonctionne bien.
        D’ici qu’il y en ait qui marchent dans les rues, vu que la bagnole d’occase n’a pas trop de reprise… On irait peut-être plus vite ainsi.
        Parce qu’à force de danser la polka piquée, avec l’un ou l’autre des principaux ministres (non… pas avec Taubi, elle lui écrase les arpions), mais un coup avec le bien rasé et un coup avec le moins bien rasé de près, vont tous finir par se prendre les talons aiguilles dans la carpette rouge des marches du château…
        Et les répudié(e)s vont bien se marrer !
        Nous, finalement, beaucoup moins ! Déjà qu’il faut se la donner, pour se marrer un peu en ce moment…

      • Blog Blancan dit :

        Il y aura une primaire. Mais le pire, c’est qu’il va la gagner… 😳

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