Mieux que rien

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En bons bobos, nous avons installé dans les arbres, nichoirs et mangeoires pour les oiseaux. Ça m’a calmé.

Cela faisait deux jours que je mijotais un long article de blog. Un article politique, encore. Trop didactique, sans doute. Un nichoir pour les rebelles, une mangeoire pour les « en-colère ». Et puis tè, autant faire plaisir aux oiseaux. Au moins, ça n’emmerde personne. Et moi, ça me détend.

Lignes bousculées

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Pour compléter mon article d’hier, voici que la loi travail reçoit le soutien de Juppé, NKM et une quinzaine de parlementaires de droite. Même si pour eux, la loi pourrait aller encore plus loin (tant qu’on y est, c’est vrai qu’on pourrait enchaîner et fouetter ceux qui travaillent). Au moins, les choses sont claires.

Ce qui l’est moins, c’est le mouvement qui nait sur le web. Pétition et appel à manifester le 9 mars. Les syndicats sont débordés (ils appelaient à une manif le 31 mars). Dans le même temps, sur la page On vaut mieux que ça, on peut voir des mecs de droite voire extrême droite se glisser dans la contestation. Mais pas pour contester puisque cette loi va dans le sens de ce qu’ils souhaitent. Juste pour foutre le bordel. Curieux de voir le tour que ça va prendre.

Il est content, le patron !

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Les fessbouquiens se sont aperçus que je bossais en ce moment à travailler à la recherche de musiciens pour mon film. Cette fois-ci, je ne la signerai sans doute qu’en partie.

Tout cela ne m’empêche pas de jeter un cil sur l’actualité politique de notre cher pays. J’ai assez aimé la sortie de Valls qui me traite avec tous mes amis de porteur de la gauche du XIXème siècle alors que lui incarne celle du XXIème, celle qui revient aux valeurs du XIXème, justement, en voulant gommer toutes les avancées sociales du XXème.

Ce qui me rassure, c’est que je ne suis pas le seul « ringard ». Voir tous les députés PS et de gauche qui s’opposent à la loi visant à réformer le code du travail. Sans compter qu’il y a déjà plus de 500.000 signataires pour la pétition en lien ICI

Ce n’est pas la gauche qui se divise. C’est une gauche gouvernementale qui a choisi d’être libérale. De fait, elle n’incarne plus la gauche. Bye bye les amis ! On vous avait fait confiance et on n’aime pas les trahisons. En revanche, le prochain gouvernement de droite sera bien content du boulot que vous aurez fait. Mais n’ayez pas l’illusion qu’il vous remerciera. Regardez les patrons ! Vous leur avez filé des milliards et ils n’ont pas embauché un péquin. Ils se moquent de vous. Et nous avec.

Bon, mais il faut que je reste concentré sur mon film, tiens. Il va être beau. La semaine prochaine, j’aurai d’autres nouvelles. Je le sens bien, « Manigances ». Je précise que, contrairement à ce que pourrait laisser supposer le titre, on n’y parle pas de politique. Même si on peut y lire une métaphore de ce qui nous occupe…

Avé César (+ blabla)

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Hier nous sommes allés au cinéma en groupe. Nous étions neuf. Nous avons vu Avé, César ! Des frères Coen. L’avis général : mouais, pas mal, mais bon, où ils veulent en venir ? C’est une critique du cinéma Hollywoodien ? Un hommage ?

Ben, j’étais le seul à être totalement enthousiaste (une fois n’est pas coutume). C’est pour moi un des, voire le meilleur film des frères Coen.

Chaque spectateur perçoit un film à sa façon, avec ce qu’il est au moment où il le voit. Et il s’est trouvé que, pour ma part, je me suis trouvé en parfaite résonnance avec le film. J’y ai vu un film sur la foi et la croyance au sens large, sur la faculté que nous avons, collectivement, de nous glisser dans des rêves, des utopies, des croyances, à travers des images. En dehors des scènes qui traitent directement du religieux, il n’est question que de ça. Les magnifiques séquences de ballets aquatiques ringards nous racontent les projections d’une société dans laquelle l’individu n’est qu’un élément d’un groupe plus vaste qui crée du beau. Le rêve d’un monde idyllique dans lequel chacun a sa place. Dans les séquences de claquettes, c’est la virtuosité des corps qui est mise en avant, toujours avec des chorégraphies d’ensemble où le soliste fait des merveilles. Sentiment d’appartenance à un groupe soudé, chantant, dansant, efficace et agile, avec des individus particulièrement doués. Encore une vision du monde.

Quand la star revient après avoir été enlevée par les communistes (remarquable scène du sous-marin soviétique !), il tient, en plein syndrome de Stokholm, un discours sur les studios d’Hollywood pouvant ressembler à celui des complotistes d’aujourd’hui : « on nous manipule ». Le « on » représentant une entité théorique et lointaine, tirant sur les manettes dans l’ombre pour assujettir davantage le peuple. Ainsi, le politique rejoint-il le religieux. Et Dieu, que tout cela est dérisoire ! Le film traduit merveilleusement cette vacuité à travers ces petits humains qui courent après leurs rêves et en fabriquent d’autres.

Et de fait, ce film n’est pas un film sur un cinéma hollywoodien suranné, mais il parle de notre époque, avec une grande lucidité.

Ce midi, par exemple, j’entendais parler des « réfugiés de Calais » que l’on voulait expulser. Si l’on est socialiste de droite, de droite carrément, voire pire, on pense religieusement qu’il faut endiguer le flot, faire des murs, éviter l’invasion. On a encore l’image d’une France à béret et baguette de pain, à bouquets de fleurs, églises, flonflons et accordéons. On a peur du chaos provoqué par l’arrivée d’étrangers sur nos terres. Pourtant (le Pape François ne dit pas autre chose, pour utiliser l’image de quelqu’un dont se réclament souvent les plus rebelles), l’évidence objective est qu’il est naturel que des peuples s’exilent pour fuir les bombes, la misère ou les dérèglements climatiques. C’est dans l’ordre des choses. Le rôle des nantis est de secourir ceux qui sont en détresse et d’envisager collectivement les moyens de résoudre les causes de ces exils. Accueillir d’abord, résoudre ensemble ensuite. Ce n’est pas une position politique mais logique et naturelle. Mais au lieu de cela, on répond par des bombes, on achète la Turquie pour retenir le flot. Mais ce « on » là n’est pas une entité lointaine. C’est nous. Les gens que nous avons élus. Qui nous représentent, en France, en Europe.

Le monde qui ne tourne pas rond, qui génère des injustices chaque jour, partout, il n’est pas manipulé par des illuminatis ou des francs-maçons qui se réunissent secrètement, ni par des extraterrestres. C’est nous qui le faisons. Rien n’est figé. Rien n’est définitif. Les premières solutions ne sont pas derrière des écrans ou des drapeaux bariolés mais dans les actes et la parole de chacun. T’es pas content ? Agis ! Ensuite, pour rassembler, changer ensemble, on a besoin d’un rêve commun. Choisis bien le rêve derrière lequel tu veux bien courir s’il est un moyen d’aller vers un monde meilleur.

La croyance et la foi sont futiles et illusoires, par définition. Pourtant ce sont ces rêves qui font notre humanité, qui rassemblent les hommes le temps de révolutions, de combats collectifs menés par quelques fous illuminés et qui finissent par profiter au plus grand nombre. Si la foi repose sur une illusion, elle est d’une telle puissance qu’elle peut finir par agir sur le réel. On peut être conscient de son statut d’illusion, de sa fragilité et choisir de la suivre quand même et de la nourrir.

La réalité de notre monde est à l’image de notre humanité, veule, égoïste, soumise ou conquérante. Heureusement, il existera toujours quelques imbéciles à l’œil brillant pour nous faire avancer. J’exclus de ceux-là ceux qui baignent dans des fois mortifères et destructrices, cela va de soi.

Vive la foi, l’illusion, le cinéma et les frères Coen !

Ça approche…

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C’est la deuxième année que je vote pour les César. C’est le moyen rêvé de séances de rattrapages pour des films qu’on a ratés ou boudés à leur sortie. Si pour certains on a confirmation qu’on a bien fait de ne pas s’être déplacé, il arrive qu’on ait de très bonnes surprises. Le seul hic : ceux qui ne mettent pas le DVD du film dans le coffret. Soit par dédain (s’ils veulent le voir ils n’ont qu’à se déplacer, ce film ne peut pas être vu en DVD…), soit par manque de moyens. Les producteurs devraient envisager la dépense (pas si élevée que ça) comme l’opportunité de voir un film, ses artistes, ses techniciens, récompensés. Pour ma part, je ne voterai pas pour un film que je n’ai pas vu.

Je sais, je dis encore un truc négatif. Mais c’est juste avec le désir de perfection. Je reste très heureux de participer à ce vote et de pouvoir y exprimer mes goûts.

À chacun son printemps

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Outre le fait qu’il fasse très beau, c’est un beau jour de printemps pour ma pomme. J’en viendrais presque à bourgeonner. Mon projet de moyen-métrage, Manigances, vient d’obtenir un soutien à la réécriture du CNC.

Très en accord avec ce que j’écrivais l’autre jour, je ne pouvais rêver meilleure nouvelle. Je ne connais pas les membres de la commission qui a délibéré, mais je les remercie tous pour ce soutien qui tombe à point nommé, dans une période où parfois le doute pourrait facilement prendre le pas. Youpi !

Mea culpa

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Bon, j’avoue que sous le coup de l’émotion (toujours elle, la traitresse), je me suis laissé aller à un article comme je n’aime pas en écrire. Un peu facile, prenant des raccourcis, sur un sujet pour lequel j’ai quelque a priori avoué. Ce n’est pas que je n’aime pas les agriculteurs. Ce que je n’aime pas, c’est ce qu’est devenue l’agriculture. Je pense à l’agriculture industrielle, envahissante, assujettie aux lois du marché, qui a perdu son rapport de proximité, qui est entrée dans des circuits qui dictent leurs lois, dans un monde marchand, celle qui se moque des chemins de randonnée, celle des paradoxes. Elle nous nourrit d’un côté et nous empoisonne en même temps avec tous les produits pourris juste destinés à assurer du rendement au détriment du reste. Les agriculteurs eux-mêmes s’empoisonnent en déversant des tonnes de pesticides. Ils ont même accepté sans rien dire les semences qui ne se reproduisent pas. Et ce que je reprocherais en fait aux revendications des agriculteurs, c’est qu’ils ne dénoncent jamais ce qui pourrit l’agriculture mais seulement les manques d’un système dont ils s’accommodent sans jamais le dénoncer.

L’an dernier, j’ai joué un agriculteur qui sort le fusil quand arrive l’huissier (Toril). Je n’ai pas eu de mal à jouer ce personnage dans lequel beaucoup devraient se reconnaître. Mais je ne vais pas pour autant prétendre donner des leçons sous prétexte que j’ai joué un personnage dans un scénario d’ailleurs très documenté sur le sujet. Simplement, en tant que citoyen, j’ai beaucoup de sympathie pour mon cousin, maraîcher bio, roi de la bricole et charmeur des étalages, qui sait pour qui il produit, en se foutant pas mal des gros circuits de distribution. Il ne rêve pas de devenir riche. Il ne fait pas d’emprunts pour se payer du gros matériel. Il s’organise pour gagner sa vie, se préserver quelques vacances en familles. Faire un boulot qu’on aime (c’est assez magique de faire pousser dans la terre), en dosant la contrainte et la nécessité. La seule chose qui fait fluctuer ses petites affaires, c’est le temps qu’il fait. Une année sera mauvaise, d’autres seront très généreuses.

Je sais bien que ça fait bisounours, le paragraphe qui précède. Mais je suis de ceux qui pensent que le système économique est pourri. L’agriculture qui s’inscrit dans se système l’est de fait. Ma sympathie va naturellement vers une agriculture respectueuse de l’environnement et du consommateur. Bien au-delà des modes récupérées par le business qui te colle du « bio » sur toutes les étiquettes. Voilà pourquoi, quand je vois une jeune nana qui se fait dégommer par un bourrin pendant que d’autres manifestent, je me laisse aller à l’amalgame un peu facile, voire même pourri. Ces amalgames que je dénonce par ailleurs. De ces deux événements qui n’ont rien à voir, s’est réveillée en moi une colère plus profonde qu’un simple rejet des mouvements sociaux.

De la finesse

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Ce matin, un agriculteur a tué une conseillère en élevage de 26 ans en la poussant dans un étang, parce qu’il manquait sans doutes de mots, qu’il avait plus de force qu’elle et qu’il était important de lui montrer qui est l’homme ici. Une femme, jeune, qui veut expliquer à un éleveur comment il faut faire, je comprends que ce soit inadmissible. Allez-y, les copains, déversez votre purin, incendiez tout, vous avez toute ma sympathie !

Les agriculteurs sont victimes du système de distribution, des banques, des normes sanitaires, de l’Europe, des pesticides et engrais qu’on leur « impose », de la météo… mais aussi d’eux-mêmes peut-être… Je dis ça, je dis rien. Agriculture raisonnée ou industrie agricole ? Coopératives ? Subventions ? Ouvriers/patrons ? Bref, tout ça me semble plus complexe que de pauvres slogans jetés sur des pneus en feu. Il y a le discours médiatisé, mais quelle est la foutue réalité ? Dites-nous tout ! Ce que vous ne dites jamais. On vous écoutera.

Dans ma phase « j’écris »

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Comme je dois présenter mon projet de moyen-métrage médiéval à diverses commissions pour rechercher le financement indispensable, voilà deux jours que je retravaille l’écriture. Du temps s’étant écoulé depuis la version précédente, je n’ai pas fait semblant de revoir le scénario. Et il me plait. Le problème, c’est que la précédente version me plaisait aussi au moment où je l’avais terminée. On verra si ce sera le cas de la commission qui va délibérer ce jeudi. L’enjeu est de taille. J’aurais tellement préféré faire lire celle que je viens d’achever. Mais j’ai déjà des modifications dans la tête. Un scénario n’est achevé que quand on a tourné, n’est-il pas ?

En tout cas, je suis reparti en écriture. Voilà qu’est né il y a quelques jours le projet d’une web-série. Et cette fois-ci, ce sera une co-écriture avec les acteurs principaux. L’idée est assez excitante a priori et devrait donner un machin assez drôle. On me pardonnera de ne pas en dire trop ici. Les idées dans l’air, ça se pique. Et puis, même pour une web-série, il faut du financement. A priori, je ne suis pas favorable au financement participatif. Pas mal de boulot pour trouver toutes les pistes dans le domaine.

Et derrière tout ça, le long-métrage se profile à l’horizon. Mais là, je suis encore dans le domaine du rêve. Mais le rêve, c’est important, aussi. Après, ça devient du boulot.

La tête de l’emploi

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Ces deux photos d’identité (très moches, je vous l’accorde) ont été prises à 2 mois d’intervalle seulement. On comprendra pourquoi j’ai pris la décision (avec passage à l’acte) d’aller contre la mode qui rend barbus les hommes branchés. Il va falloir que je fasse de nouvelles photos pour mon agent, tiens.