L’espoir au coin de la rue

legumes

J’ai souvent envie de faire un docu sur la petite place de la rue Sorbier. Parce que je l’aime, cette place. Tous les commerçants sont sympas, chacun dans son genre. Des Français métissés, originaires de différents coins du monde, du bar engagé écolo à la petite épicerie en passant par le bar bobo à transats, la coiffeuse ou les bikers tatoués qui font dans le vélo et le hard-rock pour la fête de la musique. Elle est bien paisible, cette petite place arborée aux multiples terrasses qui se remplissent et s’étalent au premier bon de thermomètre.

À l’instant, je me suis arrêté chez les bikers tatoués, tous en T-shirt noir. Un empilement de cagettes de légumes devant leur boutique dans les quelles des gens se servaient grassement m’avait intrigué. J’ai eu la réponse à ma question. Deux fois par semaines, ils vont faire de la récup à Rungis et offrent les légumes à qui veut. Attention, précise mon interlocuteur. C’est gratos pour les pauvres, mais ceux qui ont les moyens peuvent lâcher quelques euros…

En même temps que la société dans son ensemble poursuit une voie sombre, en entonnoir, naissent et se multiplient, à deux pas de chez nous, des initiatives à contre courant, qui partent de quelques individus porteurs de valeurs inverses. Cette mécanique des fluides est pour le moins réjouissante.

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26 commentaires pour L’espoir au coin de la rue

  1. Philippe.sarro dit :

    J’en suis Rahbi

  2. Philippe.sarro dit :

    Encore mieux, l’agriculture urbaine comme dans la ville sinistrée Detroit

  3. Philippe.sarro dit :

    Et dans d’autres endroits dans le monde

  4. Hélène dit :

    Ce sont des initiatives comme celle là qui font chaud au cœur, au milieu de l’ocean de conneries en tous genres que nous traversons depuis….pppfffoouuu…
    On les voit fleurir un peu partout , c’est bien de leur avoir consacré un article …coloré en plus! 🙂

    • Blog Blancan dit :

      Ben, il faut aussi voir ce qui est bien, dans ce monde de brutes… 😉

      • Philippe.sarro dit :

        Oui oui, on t’encourage à faire un docu sur ces sujets là, il y a un millions de révolutions tranquilles (comme le dit Bénédicte Magnier) à filmer.

  5. anita dit :

    et voici que je repense à celui-ci de docu : https://vimeo.com/58485887

  6. serge barande dit :

    Une loi vient récemment d’être votée à l’Assemblée Nationale, y a trois ou quatre jours.
    Elle contraint les grandes surfaces à ne plus farcir de javel leurs invendus, mais d’en faire profiter les assos caritatives de tout poil.
    Quelques combats de plusieurs décennies, menés par le monde associatif, pour aller en ce sens, pourraient donc ainsi, et maintenant (…), enfin… voir le jour sous un angle réglementé et, de fait, rendu incontournable car obligatoire.
    Comme St-Thomas, j’attends quand même de voir…

    Une anecdote pour illustrer « les invendus » : Y a une dizaine d’années, à Carrefour Créteil-Soleil, époque où les étals ne disposaient pas encore de barquettes de deux avocats où était marqué dessus « avocats mûrs à consommer ce jour » (ou un truc comme ça), je tâte les avocats disponibles… Milledious ! Des cailloux !
    Le chef de rayon étant sur place, je lui demande : mais vous n’avez pas d’avocats mûrs ? Sont durs comme des cailloux !
    Le gugusse me répond : ben non, quand ils sont murs, on les met à la benne !
    Ben je me suis barré ! Effaré par la réponse du type chargé des fruits et légumes.
    Quelle culture de chiotte !!!

    Après vous avez tous dû lire quelques articles sur la « carotte tordue », « l’orange pas assez bien conformée », etc. Les délits de sale gueule pour fruits et légumes…
    C’est enfin dans l’air du temps !
    Comme le revival d’un slogan datant d’il y a au moins vingt ans : « Chassons le gaspi ! ».
    Ouuuaaaaiiiissss !!!…
    Ben putain, y serait bien temps !!!

    L’État a quand même une réactivité digne d’une tortue grabataire et somnolente, non ?…
    Pauvre vieille bestiole…
    Ce genre de « détail » nous fait quand même bien apparaître un fait exemplaire : le peu d’écoute et de considération qu’a l’État envers les pensées et souhaits qu’émet l’opinion publique (ses « sujets »…).
    L’exemplarité pauvre, mais très démonstratrice cependant, d’une démocratie finalement très peu participative…

  7. Lydie dit :

    Quel plaisir, quelle bouffée d’oxygène, ton petit article !!

  8. Pascale dit :

    au premier bon de thermomètre ???
    Et que ça saute 🙂

  9. Pascale dit :

    Ben tu vois quand tu veux ???

    On va tous mourir mais en attendant y’a du bon dans ce monde M’sieur Frodon.

    Et il y a deux films d’acteurs en ce moment :
    – un qui donne des bonnes idées
    http://www.surlarouteducinema.com/archive/2015/12/07/demain-de-cyril-dion-et-melanie-laurent-5727910.html

    – un qui dit que tout n’est pas perdu :
    http://www.surlarouteducinema.com/archive/2016/02/03/les-saisons-de-jacques-perrin-et-jacques-cluzaud-5754554.html

    Je suis de plus en plus convaincue que ce ne sont pas les politiques (tous pourris, tous les mêmes… on y vient) mais l’écologie. Bon d’accord l’écologie contre les guerres et la folie meurtrière, c’est léger, mais au moins on peut mettre notre pierre à l’édifice. D’ailleurs, je viens de dire à la dame qui vient de frapper à ma porte qu’il était hors de question qu’elle change mes draps et mes serviettes tous les jours. Elle en aurait pleuré… Mais mais… il faudra bien que je les change.. Et là, je l’ai assommée. T’aurais fait quoi à ma place ?

    Putain, je suis longue alors que j’ai plein de taf.

    Et bravo à Tes Tatoués !

  10. Stéphane dit :

    Merci merci merci.
    En effet de nombreuses initiatives ici et là. Quelle belle bouffée d’oxygène à contre courant.
    Nous avons créé en 2008 un SEL en milieu rural où les anciens nous apprennent à tailler les arbres fruitiers ou à trouver des sources, et nous faisons collectivement des compotes avec les fruits des vergers pour les gamins du centre aéré !
    Des temps délicieux de partage entre les générations, les néo-ruraux et les autochtones. ..

  11. Philippe.sarro dit :

    Dans la baie de San Francisco la récupération de nourriture qui est mise à disposition ensuite, on appelle ça le Freegan et on retrouve les adeptes dans une organisation la Foods not bombs dont les membres se retrouvent souvent associés aux hackerspaces comme le célèbre Noisebridge.

    Ces hacherspace sont des communautés geeks de hackers./makers (à ne pas confondre avec les crackers de code) qui veulent hacker la société. Ils sont souvent héritier du mouvement hippie qui a justement apparu du coté de San Francisco et de la Silicon Valley, lieux des révolutions technologiques et culturelles. Le mouvement makers quand à lui est à l’origine de ce qu’on appelle les Fab labs et les imprimantes 3D.

    Tous hackers …

  12. Philippe.sarro dit :

    Agnes Varda que tu connais très bien il me semble a fait un beau film sur le déchetarisme (le freeganisme en anglais).

  13. serge barande dit :

    Dans le titre du film… y manquerait pas à deux reprises la même consonne, en cinquième place dans chacun des mots ?…
    Celle qui dans l’alphabet suit le « c », initiale de « couleuvre ».
    Pas sûr non plus… ! Mais ce serait cohérent.
    Quoi la réforme de l’orthographe !? Nénufar aux ognons, va !
    D’ici qu’on finisse par dormir à l’autel…
    Y a du déchet té !

  14. Article émouvant, auréolé d’une suave espérance … La foi en une France solidaire, partageuse, authentique et généreuse … Située à des années lumières de cet univers rance et crypto-réactionnaire que nous saupoudre les médias à la solde de l’establishment et des marchands d’illusion …. L’image vivante d’une France citoyenne, unique et sincère ….
    Concernant ton humeur chagrine du moment, je suis persuadé qu’au regard de ton indéniable talent, un rôle majeur parviendra très bientôt à inverser la tendance de ce spleen épisodique … La grande roue de l’histoire est toujours en mouvement … Le béarnais ( comme l’occitan du reste 😉 ) ne renonce jamais, n’est ce pas ?

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