De la finesse

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Ce matin, un agriculteur a tué une conseillère en élevage de 26 ans en la poussant dans un étang, parce qu’il manquait sans doutes de mots, qu’il avait plus de force qu’elle et qu’il était important de lui montrer qui est l’homme ici. Une femme, jeune, qui veut expliquer à un éleveur comment il faut faire, je comprends que ce soit inadmissible. Allez-y, les copains, déversez votre purin, incendiez tout, vous avez toute ma sympathie !

Les agriculteurs sont victimes du système de distribution, des banques, des normes sanitaires, de l’Europe, des pesticides et engrais qu’on leur « impose », de la météo… mais aussi d’eux-mêmes peut-être… Je dis ça, je dis rien. Agriculture raisonnée ou industrie agricole ? Coopératives ? Subventions ? Ouvriers/patrons ? Bref, tout ça me semble plus complexe que de pauvres slogans jetés sur des pneus en feu. Il y a le discours médiatisé, mais quelle est la foutue réalité ? Dites-nous tout ! Ce que vous ne dites jamais. On vous écoutera.

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8 commentaires pour De la finesse

  1. parraud dit :

    et bien pour l’instant il est difficile de prétendre qu’il a fait ça parce qu’elle est une femme. Rien ne semble l’indiquer. C’est donc dommage de l’écrire. Il faut être prudent si on ne veut pas être nous-même BFM à l’insu de notre plein gré.

  2. Tomaticha dit :

    Quelqu’un a tué quelqu’un d’autre, et agriculteur ou pas, c’est dramatique.

  3. anita dit :

    Bon alors, c’est par ton article que je parcours à l’instant que je prends connaissance de cet … (je ne sais quel mot convient)
    Et voilà que j’ai envie de dire ce que je dis souvent quand j’essaye de donner mon point de vue sur les tensions, parfois insupportables, que vivent les agriculteurs. Ce que je crois profondément c’est que en chacun de nous (ruraux comme urbains) sommeille, plus ou moins, l’âme paysanne. Celle qui vibre quand elle entend l’herbe pousser, ou que le lait s’écoule dans le pot, ou encore que le veau est bien né, … quand la pluie tombe gentiment sur le semis promesse d’une récolte, ou que la fleur éclos. Et voilà que depuis disons l’après guerre, tout a été fait pour que l’agriculture soit synonyme de tank à lait, de canon à eau, de gros tracteur avec cabine insonorisée (oui je suis d’accord avec toi Bernard le choix de faire autrement restait possible, mais difficile, très difficile). Aussi les agriculteurs ont mal à leur âme de paysan qui ne vibre plus faute de contexte favorable à la vibration. Et c’est, je crois, plus que tout cette âme de paysan souffrante qui se traduit en tensions et en actes.
    Il y a peu encore les initiatives qui oeuvraient à pratiquer autrement (‘bio, néo, hcf, etc) rendaient ces agriculteurs fous furieux, il leur était insupportable que d’autres parviennent à vivre leur âme paysanne … aujourd’hui certains commencent à mettre en place des changements, au moins des petits qui les réconcilient avec la terre et avec eux-mêmes. D’autres se suicident (1 par jour).

    La manière dont notre nourriture est produite, conditionnée, distribuée concerne chacun de nous, et chacun peut déployer une manière de vivre qui favorise la paysannerie, et ainsi contribuer au concerto en vibrato de chacune de nos âmes paysannes.

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