Bon 1er mai !

Muguet-de-mai

J’ai fait partie de ceux qui ont porté la voix pour l’extension de la convention collective du cinéma (à mes risques et périls). Si je me félicite évidemment de la première victoire des intermittents, particulièrement sur le retour des 507 heures sur 12 mois, je vais quand même ramener ma fraise.

Et puis non, je vais pas la ramener, ma fraise, pour une fois. Je vais fermer ma gueule d’acteur qui ferait bien de garder sa voix pour dire ses répliques. Tout est pour le mieux, dans le meilleur des mondes possibles. Et puis l’éloquence du silence, quand même !

À part ça, donc, tout va bien. Je viens de soumettre un projet de documentaire à ma productrice qui va se demander ce qui me prend encore, alors qu’on tourne Manigances en septembre.

Une pensée pour Papa Wemba, le baobab de la rumba Congolaise qui a eu le bon goût de mourir sur scène dans des fringues très classes.

Demain, premier mai ! Jour du muguet et de la marche citadine pour la Fête du travail.

Ça va mieux !

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Pardonnez une erreur. Sarkozy n’aurait pas dit que les jeunes des Nuits Debout n’avaient rien dans le cerveau. Il parlait d’autre chose.

Premier jour de tournage pour Anselme dans Un Village Français, première demi-saison 7. C’était comme j’aime tourner et la suite s’annonce tout aussi agréable car la partition d’Anselme est très douce et très fine. Pas de grandes effusions. Enfin, juste un peu, histoire de rester fidèle à quelques principes.

Sinon, je vois que la croissance est bonne et que le chômage baisse. La France va mieux ! Ce n’est pas forcément ce que pensent les gens des Nuits Debout qui se sont fait éjecter sans ménagement, ni les intermittents qui occupaient l’Odéon. Non parce que, l’accord obtenu par les intermittents, il ne sera valable que lorsqu’il sera validé par l’UNEDIC (le MEDEF). Je ne suis pas certain que ce soit le cas en l’état. Mais bon, si l’on en croit Valls, l’État mettra des billets pour que ça passe. C’est vrai que ça fait désordre, ces mouvements sociaux à un an des présidentielles. C’est vrai, ça. Pourquoi ils s’énervent, les gens, alors que tout va mieux ? Jamais contents, ces Français ! Au fait, ça va mieux, vous ?

Vers le redoux

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Alors la voilà, la nouvelle maison de Florentin.

Demain je pars tourner pour le Village. Il semblerait par ailleurs que ça se confirme pour la science fiction. Tout va bien donc. Un film qui prend forme, des rôles à jouer.

Les négociations pour les intermittents ont pris cette nuit une bonne tournure avec des avancées importantes, notamment le retour des 507 heures sur 12 mois. L’évidence reprend ses droits. Mais il reste la validation par le MEDEF. Et là, je vous raconte pas. Ils vont forcément refuser et ça sera au gouvernement à prendre le relai. Mais là, ils le feront. Si, si, fin 2016, Hollande repasse à gauche (obligé).

Lu que Sarkozy avait dit que les mecs des Nuits Debout n’avaient rien dans le cerveau. Il n’a pas dû y aller. Si on appliquait tout ce qui se cogite sur les places, l’humain retrouverait une place de choix. Mais l’humain, pour Sarkozy, c’est la mafia du pognon. Alors, forcément… Je note par ailleurs qu’il puise dans le lexique de l’extrême droite. Pour eux, les gauchistes n’ont pas de cerveau ou bien ont le cerveau malade. Le mot cerveau revient souvent dans leurs discours. Je trouve ça extrêmement violent. Ça m’évoque tout l’éventail des tortures nazies. Brrrr.

Arraché de la campagne

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De retour à Paris. Ce soir, avant-première de Vendeur (sortie mercredi prochain). Cet après-midi, je rencontrais un réalisateur pour tourner dans de la science-fiction. Très excité par le projet. Mais possible que ça ne marche pas pour une histoire de date.

Je les ai aimés, ces jours passés en Charente. Repérages, balades, scies circulaire et sauteuse pour travaux, jardin, soleil. Mais c’est pas tout, il va falloir refaire l’acteur avec un plaisir d’enfant. Dans trois jours, je retrouve Anselme.

Je rappelle que D’une pierre deux coups de Fejria Déliba est en salle. Pour Toril, la sortie se fera le 5 octobre.

Par je ne sais quelles manigances, l’Evêché a encore muté le Père Florentin, jugeant sans doute trop belle l’église que je vous avais montrée. Il l’envoie dans un petit village avec la charge d’une églisette fort modeste perdue à l’orée d’un bois.

Père Florentin, je vous présente votre église !

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Ben du coup, le curé viré de sa chapelle troglodyte pour cause de refus, je viens de lui offrir une bien belle église, pur roman, grande classe. Il devrait bien jouer.

Après quelques photos des lieux, nous sommes allés faire une petite rando en bord de Charente. Sur un petit sentier longeant le fleuve, voilà une voiture complètement inattendue en ce lieu. La dame me fait un grand sourire, reprend la route parallèle et repart en sens inverse. En fait, c’est une dame qui m’avait vu passer dans le village et avait reconnu Anselme du Village. Elle a donc pris sa voiture pour en avoir le cœur net. Quand on l’a recroisée au retour de la balade, elle m’a encore salué en rigolant et en me montrant à sa voisine. Comme c’est pesant cette notoriété qui ne vous lâche pas d’une semelle. Aucun coin paisible où l’on puisse se fondre dans le décor comme un être normal. Rendez-moi ma banalité !

Alors, je précise que les conclusions que je tire de cette rencontre impromptue sont à prendre avec distance et humour. Évidemment que je ne suis pas suivi par des paparazzi ni ne souffre d’une trop grande notoriété. Ces événements m’arrivent d’ailleurs si peu souvent qu’ils m’étonnent et m’amusent. Un petit selfie dans le champ de colza ?

La peur qui empêche

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Nous avions trouvé un site idéal qui pouvait à lui seul réunir un grand nombre de décors de Manigances. Il était en plus à proximité des autres décors validés et autorisés. C’était trop beau. Les propriétaires refusent de peur que les gens repèrent l’endroit et viennent le souiller avec leurs scooters, cannettes et papiers gras. « La France est tellement irrespectueuse… ». On a eu beau leur assurer que personne ne reconnaîtrait le site puisque dans l’histoire, les différents décors sont sensés être dans des endroits différents, rien n’y a fait. La peur d’être envahi reste plus forte. Assez significatif d’un rapport au monde. Ça ne vous rappelle rien ?

D’autres se font une fête. D’autres encore se disent qu’il y a peut-être moyen de grappiller quelque sou. Mais bon, avec tout ça, on n’a pas encore tous les décors ou ils sont encore trop éloignés les uns des autres pour une bonne organisation. À suivre donc.

Une idée en voie de confrontation au réel.

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Demain, départ vers la Charente pour une nouvelle série de repérages. Manigances doit se préparer !

Aujourd’hui, je commence à cogiter sur un projet d’école d’acteur assez originale et particulière. Comment pourrais-je imaginer un truc classique ? J’en suis à la phase qui succède la vague idée (je pourrais enseigner la direction d’acteur). Celle où l’on commence à imaginer ce qu’on y ferait, comment, où et avec qui. Celle de l’écriture du projet, quoi. Si ça tient la route, en 2018, on ouvre !

L’avenir de ces pages racontera le reste.

Vive l’imaginaire !

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Le 18 décembre 2015, L’INRESS m’appelle pour me proposer de participer à une émission sur les guérisseurs. Natacha Calestrémé me demande de reproduire une expérience d’action de la pensée sur des clémentines dont je parle dans mes bouquins Secrets de sourcier et Si j’étais guérisseur. Je relève le défi, pas trop fier de moi. Et si ça ne marchait pas…

Je vais donc acheter sur le champ un kilo de clémentines. Je les pèse chacune et en choisis deux qui ont un poids à peu près équivalent. Sur celle qui est légèrement plus lourde, j’écris « PETITE + MARRON » et sur la plus légère « GROSSE + ORANGE ». Et je fais une petite séance de visualisation de deux minutes, comme je le fais quand il m’arrive de faire le guérisseur. Et puis hop, je mets les clémentines sur l’armoire.

Cette expérience repose sur l’idée que tout est information et que l’esprit peut orienter certaines informations (psychokinèse, guérisseurs…) ou en recevoir (remoteviewing, télépathie, clairvoyance…). Je n’invente rien dans cette croyance qui est vieille comme le monde. Des gens plus ou moins sérieux se sont penchés sur la question qui reste totalement étrangère à la science officielle et aux esprits cartésiens. Ça reste donc une croyance. Certains ont besoin de ritualiser et de s’appuyer sur des dogmes croyants, d’autres dont je fais partie, considèrent la chose avec curiosité, amusement et étonnement (en gardant toujours une bonne dose de doute quant à la véracité de la chose).

Bref, au bout d’un mois, date de l’émission, celle sur laquelle j’avais écrit grosse est en effet devenue la plus grosse (par rapport à l’autre, elle n’a pas grossi !). Mais, me disant que si mes clémentines ne pourrissent pas, c’est peut-être à cause de la faible humidité et de la chaleur de mon appartement, je décide de leur offrir un séjour de deux semaines à la campagne, dans une maison humide et pas chauffée. Rien n’y fait. Aucune ne moisit et celle qui doit être petite et marron devient petite et marron tandis que l’autre reste grosse et orange.

La photo d’illustration a été prise hier, soit quatre mois après. La grosse orange semble venir du matin de chez le marchand. Leur poids en revanche a bien changé.

Petite marron = 25g

Grosse orange = 49g

Ceci ne constituera jamais une preuve de quoi que ce soit pour qui que ce soit. Personnellement, je trouve ça extrêmement étonnant, même si l’on ramène ça au hasard. Hasard qui aurait voulu que je choisisse parmi mon kilo de clémentine celle qui a baigné 6 mois dans du conservateur et celle qu’on aurait oublié de traiter.

En tout cas, si mon hypothèse informationnelle était exacte, elle raconterait combien l’imaginaire peut influencer concrètement et de façon surprenante la réalité.

Qui sait, peut-être les belles pensées des Nuits Debout auront-elles une influence sur nos lendemains et, dans deux jours, ce blog redeviendra-t-il 100% cinéma…

entre 50 et la retraite

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Et voici la lettre que Margaux Gilquin a envoyée au Président (à lire ICI)

Elle témoigne de cette décennie dans une vie où, passé 50 ans, tu ne vaux plus rien pour les entreprises et tu ne vaux rien pour des droits à la retraite. Ne te reste que des indemnités de rien puis le RSA (524 €/mois). Les mecs de droite pensent que c’est déjà trop et ils culpabilisent évidemment les bénéficiaires en voulant les obliger de justifier des refus d’emploi voire de travailler bénévolement. J’adore les mecs de droite et leur vision du monde. Plus ils peuvent enfoncer les gens, mieux ils se sentent. Aucune dignité !

J’ai vécu cette époque où je voyais partir les collègues (quand j’avais un travail « normal ») en pré-retraite. Il y avait une logique. Tu vaux plus rien pour le taff (soi-disant), on te met sur la touche, mais, au moins, on te dédommage.

Pour un mec de droite, c’est dégueulasse. On fait des assistés (gros mot, comme bobo, immigré, homosexuel…). Pour un mec qui aime son boulot ou dont l’existence, le statut social se définissent par le fait de travailler, c’est juste une humiliation que rien ne paiera. Bizarrement, la mise en chômage de mon père a coïncidé avec le départ de sa maladie fatale. Parce que, comme le raconte très bien Margaux dans son livre, travailler, être utile à la société pourrait faire partie des droits de l’Homme.

Il y a une solution à faire vomir un mec de droite-conne : instaurer un revenu universel qui assure à chacun de vivre dignement (33€/jour). Chômage, maladie, incidents de la vie ne sont plus des catastrophes humaines. Un revenu permanent et sans condition. Plus d’allocations chômage, plus de RSA, les salaires de ceux qui travaillent diminués du revenu universel. Ça se finance, ça met de l’argent dans l’économie, ça crée du travail. Bien sûr il y aura des gens qui choisiront de ne surtout pas bosser et de vivre avec 1000 balles. Et alors ? Tu fais quoi, avec 1000 balles, une fois que t’a payé ton loyer, la bouffe, les fringues, l’école pour tes enfants ? Tu peux t’en contenter, mais je ne pense pas que celui qui s’en contente soit à montrer du doigt. En revanche, ceux qui bossent, coûtant moins cher à l’employeur, pourront trouver les moyens de vivre mieux dans une entreprise qui ne met plus le salarié sous menace de licenciement. Ça change beaucoup les rapports.

Bref, on veut de la réforme ? Il y en a plein de possibles qui ne consistent pas seulement à augmenter la productivité des entreprises qui vont planquer leur pognon au Panama. La société, c’est les entreprises, mais c’est aussi les gens.