entre 50 et la retraite

automne

Et voici la lettre que Margaux Gilquin a envoyée au Président (à lire ICI)

Elle témoigne de cette décennie dans une vie où, passé 50 ans, tu ne vaux plus rien pour les entreprises et tu ne vaux rien pour des droits à la retraite. Ne te reste que des indemnités de rien puis le RSA (524 €/mois). Les mecs de droite pensent que c’est déjà trop et ils culpabilisent évidemment les bénéficiaires en voulant les obliger de justifier des refus d’emploi voire de travailler bénévolement. J’adore les mecs de droite et leur vision du monde. Plus ils peuvent enfoncer les gens, mieux ils se sentent. Aucune dignité !

J’ai vécu cette époque où je voyais partir les collègues (quand j’avais un travail « normal ») en pré-retraite. Il y avait une logique. Tu vaux plus rien pour le taff (soi-disant), on te met sur la touche, mais, au moins, on te dédommage.

Pour un mec de droite, c’est dégueulasse. On fait des assistés (gros mot, comme bobo, immigré, homosexuel…). Pour un mec qui aime son boulot ou dont l’existence, le statut social se définissent par le fait de travailler, c’est juste une humiliation que rien ne paiera. Bizarrement, la mise en chômage de mon père a coïncidé avec le départ de sa maladie fatale. Parce que, comme le raconte très bien Margaux dans son livre, travailler, être utile à la société pourrait faire partie des droits de l’Homme.

Il y a une solution à faire vomir un mec de droite-conne : instaurer un revenu universel qui assure à chacun de vivre dignement (33€/jour). Chômage, maladie, incidents de la vie ne sont plus des catastrophes humaines. Un revenu permanent et sans condition. Plus d’allocations chômage, plus de RSA, les salaires de ceux qui travaillent diminués du revenu universel. Ça se finance, ça met de l’argent dans l’économie, ça crée du travail. Bien sûr il y aura des gens qui choisiront de ne surtout pas bosser et de vivre avec 1000 balles. Et alors ? Tu fais quoi, avec 1000 balles, une fois que t’a payé ton loyer, la bouffe, les fringues, l’école pour tes enfants ? Tu peux t’en contenter, mais je ne pense pas que celui qui s’en contente soit à montrer du doigt. En revanche, ceux qui bossent, coûtant moins cher à l’employeur, pourront trouver les moyens de vivre mieux dans une entreprise qui ne met plus le salarié sous menace de licenciement. Ça change beaucoup les rapports.

Bref, on veut de la réforme ? Il y en a plein de possibles qui ne consistent pas seulement à augmenter la productivité des entreprises qui vont planquer leur pognon au Panama. La société, c’est les entreprises, mais c’est aussi les gens.

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9 commentaires pour entre 50 et la retraite

  1. J2L dit :

    oui mais là bon quand même M.Blancan ça devient n’importe nawak !
    ou peut-être vous êtes vous endormi et vous réver ?

  2. Lydie dit :

    Moi j’aime bien ta proposition Bernard 🙂 Au moins, toi, tu as une idée à proposer… !

    • Blog Blancan dit :

      Ah, enfin quelqu’un qui est d’accord. Je ne suis pas le seul à dire ça. Ils disent ça aux Nuits Debout et dans plein d’autres petits partis (sauf les principaux).

  3. Un article bienvenu pour s’y retrouver dans ce chambardement des valeurs.

    Le salarié, ce galeux, n’est pas un citoyen mais un subordonné, un subalterne, au moins pendant son temps de travail. Il fait ce qu’on lui dit de faire. Celui qui l’embauche est censé s’assurer que le salarié est compétent pour le poste.

    Le code du travail est fondé cette subordination. Il organise et limite l’exploitation du salarié par celui qui détient l’autorité. En théorie, l’employeur est tenu de rendre le salarié dans le même état de santé et d’intégrité physique que lorsque ce dernier s’est mis sous son autorité.

    Les 3 x 8, les 12 heures de travail par jour, le rendement sans repos, le travail à tâche, les travaux si pénibles qu’ils abiment la personne.. devraient être interdits, en France, en 2016.

    Imaginer qu’un salarié peut discuter d’égal à égal avec son patron est une idiotie ou un hypocrisie, humaine et législative.

    Dur à dire mais les syndicats, en tant qu’institutions financées par les contribuables ne représentent pas les salariés en général mais parfois leurs adhérents, plus souvent, leurs dirigeants. Tout est fait pour limiter drastiquement leur efficacité et leur influence mais, paradoxalement, ils sont utilisés par le pouvoir et le patronat pour canaliser voire briser les mouvements venus de la « base », comme en 68.

    Les syndiqués sont mal vus par les patrons et promis à des retards de carrières systématiques (J’en sait quelque chose ;-)) Ces retards sont très difficiles à faire reconnaitre par les juges du tribunal d’exception que sont les Prud’hommes.

    Les salariés, syndiqués ou non, qui font grève pour obtenir quelque chose ne sont pas payés, même en cas d’abus manifeste et de provocation patronale. En cas d’accord, ce dernier s’applique à tout le monde, y compris à ceux qui ne sont pas syndiqués.

    Imaginons que les syndicats, même majoritaires, vont pouvoir s’opposer longtemps à un référendum d’entreprise organisé sous la pression d’un chantage à l’emploi est une idiotie ou une hypocrisie … Ce que prévoit la loi Macron … Oups ! Disons El Khomri 😉

    Dans ces conditions, que devient l’égalité des citoyens face à la loi ? L’égalité des droits et des devoirs ?

    Il est vrai qu’il n’y a pas de citoyens en France, mais des assujettis.
    Espérons que le salarié gardera au moins le même niveau de protection légale qu’un animal domestique, qu’il est interdit de faire souffrir.

    Bravo Bernard pour tes prises de positions et tes coups de g… lucides et salvateurs 😉

  4. serge barande dit :

    La lettre au Président est limpide. Et s’il n’y avait pas « les gens », les entreprises n’existeraient même pas. Walking on the head !

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