Ici Limoges !

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La télé, il y a belle lurette que je ne la regarde plus. Je crois avoir entendu ici ou là qu’il n’y avait plus que les personnes âgées et les addicts aux séries qui la regardaient. Internet est passé par là (une autre addiction). Et puis il y a les projections de films DVD, streaming ou VOD.

Pourtant, quand tu vas à l’hôtel, seul, pour raison de tournage d’une série pour la télé, un téléviseur trône sur le mur, face à ton lit. Il y a même le programme pour t’aider à choisir ce que tu vas regarder. Généralement, tu vois qu’il y a des séries sur presque toutes les chaînes. Tu zappes un peu et puis, déçu par le contenu et noyé dans les eaux troubles de la publicité, tu éteins. Pas de Village Français, ce soir, dit-il parce qu’il sait que certains de ses collègues de travail vont peut-être lire l’article.

Ce soir, j’ai trouvé un moyen hyper moderne pour m’abreuver de paroles intéressantes sans publicité : j’ai écouté une radio publique un peu intello. De fait, je constate que le cerveau est moins endormi, et je n’ai pas éprouvé cet espèce de dégoût de soi que peut provoquer une soirée télé non consentie. Il n’y a pas cet arrière goût acide que laisse la soumission aux pubs les plus vulgaires et aux images les plus pauvres. Et puis le rapport au temps est plus réel, avec la radio. En regardant la télé, il commence à se distordre. Avec Internet, le temps s’efface complètement. Tu te mets au clavier et, dix minutes après, tu t’aperçois que trois heures se sont évaporées. Vive la radio ! Je sais. Tout ça fait un brin je me la pète. Mais j’assume.

Bon, le tournage du jour ! Aujourd’hui, nous avons tourné une séquence qui sera très chouette à la diffusion, mais qui a été très chiante à réaliser. Comme vous le savez, il a plu toute la journée, ce qui nous a obligé de tourner les scènes d’intérieur.

Dans ce métier, il n’y a aucune corrélation entre le plaisir à travailler et le résultat. Certaines séquences sont de véritables espaces d’éclate. D’autres se limitent au labeur. C’est comme ça. Si ça se trouve, la scène la plus pauvre générera-t-elle les plus belles émotions. L’avantage du Village, c’est qu’on bosse en famille. On ne s’ennuie jamais.

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8 commentaires pour Ici Limoges !

  1. hetre dit :

    Ici Londres. Les Français parlent aux Français…toutoutoum.
    Normal qu’un résistant écoute le poste à galène. Il ne faut pas manquer le bon message.
    Mais en temps de paix le lit c’est bien pour dormir aussi.

    • Blog Blancan dit :

      Le deuxième degré, je pige bien. Le troisième aussi. Mais ne t’étonnes pas de te prendre des pains de temps en temps 😉

  2. serge barande dit :

    Je te reçois, mais ça grésille à mort… Ta voix est lointaine… mais quand même audible si on tend bien les deux oreilles (un coup à ne plus rien voir devant soi, si tu vois l’image de mes oreilles rabattues devant mes lunettes…).
    Donc, c’est mieux de te lire. Même pas les yeux à tendre. Ça se fait tout seul. Sauf qu’il y a deux-trois drosophiles qui me soulent en voletant devant l’écran – la faute à un poivron laissé dans ma cuisine…
    Question téloche, depuis que la zappette a remplacé la tringle à rideau, loisir nous est donné de changer de chaîne quand la pub de crotte envahit l’écran. Et de fait, c’est difficile d’avoir de la continuité dans le suivi d’un programme particulier.
    Le téléspectateur devient ainsi papillon, butinant à souhait au gré des programmes. Je me demande d’ailleurs, comment ils se démerdent, à Médiamétrie, pour dire chaque lendemain en termes de pourcentages, ce qu’ont regardé les Français la veille au soir… Un mystère pour moi. Après, je m’en fous un peu, pour tout dire.

    « Au Village », aujourd’hui, pas de scène en extérieur… Ben il pleuvait pardi !
    Le maquis se barre en sucette !
    Mais bon, le truc que tu relèves à la fin est intéressant : la non-corrélation entre… etc.
    C’est, à mon humble avis, un super espace de liberté artistique.
    Et d’une scène tournée que l’on croit au demeurant pauvre, sera en fait une scène magnifique.
    Si c’est pas magique ça !!! Alors que Limoges, fondamentalement… pffffff.

    • Blog Blancan dit :

      Bon, pour le maquis, on est en 45. On a retrouvé les chaumières. Et les bars…

      • serge barande dit :

        En 46, t’avais encore des gars dans le maquis. Y préféraient y rester au lieu de retrouver les couillons de leur bled. Surtout que le rade avait dû fermer. Tu vois la misère…

      • Blog Blancan dit :

        C’est sûr que, quand t’as pris goût au maquis, c’est pas simple de revenir.

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