Surprise ?

Flag of european union

Simbol flag of european union

En 2005, je me souviens que nous avions voté noté non au traité européen. L’État n’en a eu rien à foutre. Voter non n’implique pas que l’on est contre l’idée d’Europe. C’est joli comme idée, l’Europe. Et utile.

Non, la question est de savoir comment gouverne l’Europe. En terme économique, ce que l’on retient quand on est le petit peuple, c’est qu’elle impose des politiques d’austérité, d’équilibre budgétaire, allant toujours à l’encontre des salariés, des retraités, des chômeurs. En plus, elle le fait avec autorité (voir la Grèce, par exemple). Pour l’agriculture, elle balance des aides, certes, mais avec des règles qui ont poussé au surinvestissement, à l’endettement, à l’hyper réglementation. Je vous laisse le soin de constater les effets.

Pour le petit peuple, l’Europe c’est le libéralisme économique imposé. Ce qui veut dire que s’il vote en faveur d’un autre système économique, c’est absolument sans effet puisque l’Europe impose les règles libérales (voir la Grèce).

L’Europe, c’est aussi les emplois fictifs des parlementaires (voir le FN), c’est le lobbying qui permet à des grandes entreprises de payer des gens pour influencer les votes.

La loi travail est le fruit de l’application du gouvernement à respecter ses engagements vis à vis de l’Europe.

Pour le petit peuple, l’Europe, c’est Merkel (pour qui il n’a pas voté) et des bureaucrates (pour qui il n’a pas voté).

Bref, avec une telle image, avec de telles pratiques, comment voulez-vous que le petit peuple ait envie de voter oui à l’Europe ? Si l’Europe veut survivre, il faudra qu’elle change, et considère davantage les intérêts et désirs du petit peuple. Cette leçon vaut également au plan national. On aura beau mettre les mots « populiste », « extrémiste », « groupuscule », « activiste », dissoudre, enfermer les plus visibles, il restera toujours cette colère sourde et immense sur laquelle il faudra trouver une action positive. Sinon, c’est le chaos qui s’annonce.

J’entendais ce matin le gars de la CFDT qui traitait de fascistes ceux qui avaient brisé les vitrines du syndicat. Objectivement, en observant les faits, que penser d’un État qui impose une loi sans l’aval des représentants du peuple (49.3) et de cette manifestation enfermée et tournant en rond dans une nasse policière ? Vu de Mars, on a rêvé mieux comme démocratie. Et c’est trop facile d’en faire porter la responsabilité exclusive aux « casseurs ». Les casseurs, c’est juste la toute petite partie visible de la colère.

Le premier ministre parlait hier de dissoudre les organisations d’ultra-gauche. On peut voir les choses ainsi et continuer à être dans le déni des origines de la fronde. Intellectuellement, c’est plutôt faible. Mais c’est vrai aussi que le petit peuple, dès lors qu’on appuie sur le bouton « émotion », il est capable d’oublier de penser et de taper sur la cible factice qu’on agite sous ses yeux. Mais peut-on longtemps gouverner sur la seule émotion et la manipulation ?

Peut-être que oui, en fait. Dommage pour l’humanité.

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17 commentaires pour Surprise ?

  1. Sarro Philippe dit :

    Comment va cette chère humanité ?

    Les anglais ont choisi d’aller dans la zone du dehors. Je ne sais quel sera l’Europe après la pluie et la France après l’orage. Si le Marché commun va se transformer en Marcom, si ça va être le repli sur soi, quel avenir sortira des rêves de je ne sais quel dormeur. Je ne suis pas devin, je n’ai pas le souvenir du futur.

    Quand à la France, l’année prochaine il y a des élections, Je me demande si on ferait pas mieux de voter pour un robot selon les rêves cybernetiques de Norbert Wiener, Dannel Olivaw pourrait alors se présenter.

    Lothar Blue Président
    Lothar blue Président

    Bon j’arrête mon délire et je disparais comme Ettore Majorana.

  2. Pascale dit :

    Bon ben je jardine pas, il fait trop chaud.

  3. serge barande dit :

    De mon point de vue (naturaliste), et bien au-delà de toutes implications économico-politiques – car il va y en avoir, et bien sûr encore au détriment du ‘petit peuple’, bourses and co – ce revirement impacte fortement tout ce qui a été mené jusqu’alors, en bonnes coïncidences, pour l’amélioration de la biodiversité.
    Qui nous est commune et dont nous dépendons en premier lieu !!!

    Ce brex it implique, par exemple, que tous les programmes de conservation de la nature (globaux), mis en oeuvre au travers de la politique communautaire, depuis plus de 20 ans, au Royaume-Uni comme ailleurs, vont péricliter là-bas, inexorablement.
    Pour exemple concret : t’as des British agri qui recevaient jusqu’alors des subventions de la CEE pour ne pas transformer leurs prairies humides (summum de biodiv) en des putains de cultures de maïs de merde, intrants, etc. (déni de biodiv absolu).
    Ben, qu’est-ce qu’ils vont faire maintenant, nos British agri… : retourner leurs prairies et faire du maïs. Certes simpliste mais résumant…

    Et comme ce danger (régression essentielle biodiv + retombées climat), représente à l’heure actuelle l’opposition forcenée face à un socle essentiel qu’est notre bon devenir de conservation de la Biodiv, je m’inquiète fortement en cet avenir-là.
    Forcément, c’est mon job et mes pensées…
    Les moyens (non propres) de conservation de la biodiv (financements CE) qu’avaient les Anglais, deviennent des volutes, et partent ainsi en fumée…
    Les efforts partagés s’évanouissent comme de beaux songes d’été.

    Je ne sais pas vraiment si la liberté des hommes va y gagner (poil aux bourses, du monde entier).
    Mais ce dont je suis bien certain, c’est que la Terre qui nous porte, par-cela, aura davantage à n’en retirer aucun avantage…
    Même pas désolé, au fil de ma diatribe écolo.
    Serge

    • Blog Blancan dit :

      C’est vrai que ces aides sont très discrètes et pourtant existent bel et bien, en particulier en faveur du milieu rural.

      • serge barande dit :

        Oui, et y a tout le Réseau Natura 2000…
        Des milliers d’hectares de zones naturelles (marais, bocage, montagnes, îles, massifs forestiers, habitats côtiers et marins…) remarquables du Royaume-Uni, jusque alors protégées et dont la conservation, la non-constructibilité et le maintien des activités humaines traditionnelles, dépendent étroitement de la politique communautaire développée à partir des années 90, par le biais d’aides financières.
        D’importants financements permettent d’en améliorer sans cesse la qualité des habitats par divers travaux de restauration, et d’y maintenir l’Homme et ses activités tout en préservant son environnement.
        Pour toi Bernard, et pour quelques autres qui connaissent le lieu : le « Bocage humide de Cadaujac et Saint-Médard-d’Eyrans » (site Natura 2000), en est la parfaite illustration. Les aides permettent d’y maintenir de l’élevage, d’y développer un tourisme doux de randonnée pédestre et équestre – et qui dit équestre, dit maintien des prairies pâturées et de fauche. Donc le maintien du bocage d’antan.
        Et aussi le maintien des zones humides et des boisements, dont on sait le pouvoir positif (ralentisseur) qu’ils ont face au changement climatique, au grand contraire des zones qui peu à peu s’urbanisent.
        Il est à craindre qu’au R.U., toute cette mise en oeuvre de conservation de l’environnement ne périclite rapidement. Et ça… c’est perte sèche.

      • Blog Blancan dit :

        La nature serait européenne ?

    • Balbuzie dit :

      Les aides de l’Europe en matière de biodiversité c’est surtout poudre aux yeux et green-washing : obole et contraintes pour les petits, flots d’or et passe-droits pour les gros. Ce qui se passe actuellement à la Plantasse est un exemple d’école : on voit combien il est facile de contourner le truc pour foutre en l’air cette zone humide, faire un golf écologique (un golf écologique !), élever du béton et tartiner du goudron. Les paysans dont les terres jouxtent ce projet ont effectivement des contraintes. Pas la société Vizzion (Luxembourgeoise ; de grands écolos donc), et son soutien indéfectible en la personne du maire, ce dernier ayant pris soin de green-washer un autre secteur de la commune – non convoité par les investisseurs – pour faire passer la pilule auprès du comité de pilotage Natura 2000. Pourtant dans la liste des mesures opérationnelles du document d’objectifs approuvé par le préfet, on ne trouve pas le rabotage au bulldozer. Mais c’est vrai qu’il y a : « Opérations innovantes au profit d’espèces ou d’habitats ». Pourquoi pas l’espèce humaine engrangeuse de pognon (homo fricus) ?

  4. Pascale dit :

    Ah ben vla qu’il pleut aujourd’hui, mais le cerisier du voisin est tout rouge !

    • Blog Blancan dit :

      On peut pas dire qu’il fasse mauvais aujourd’hui. Mais on a été tellement surpris par cette chaleur soudaine ces jours-ci !

  5. pascale265 dit :

    C’est pas faux, il fait pas froid mais quand-même on sait plus comment s’habiller .

    • Blog Blancan dit :

      M’en parle pas. Ce matin, je savais pas si je devais enfiler une veste. Bien m’en a pris. À l’ombre, il y avait un petit vent sournois à vous enrhumer en moins de deux. Mais bon, en fin de semaine, on est en juillet. Ça va peut-être s’arranger. Après, août, c’est les orages qui débarquent et l’automne qui les suit. Note que, parfois, on a un bel été indien. Enfin, parfois. Je ne sais pas si tu te souviens de la troisième semaine de septembre de 2014. On se serait cru en novembre. Mais bon, c’est comme ça. Ça va pas nous empêcher de manif… de faire des balades.

  6. serge barande dit :

    D’un sens global, la nature est à conserver à l’échelle mondiale (Lapalissade). Et tous les moyens sont bons !
    Mais à l’échelle de l’Europe, faut prendre les avantages financiers pour mettre en oeuvre la conservation des milieux naturels, là où ils sont (les avantages financiers).
    Et cet avantage jusqu’alors bien vécu par le R.U., et qui ne sera plus, va indéniablement avoir des conséquences sur l’îlot de la perfide Albion…

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