J’ai joué à cache-cache sur le plancher des vaches…

IMG_4071

Très joliment mené ce festival 7ème Ciel, cinéma en Quercy. C’est seulement la deuxième édition. Le principe est simple : un festival de cinéma annuel sur trois jours. Projections en plein air et sous chapiteaux. Chaque année, le festival change de village (même si on reste proche de Limogne). La programmation est faite de films singuliers, tournés en région ou pas. On privilégie le hors-norme tout en conservant un accès populaire dans le choix. On n’y verra pas un film trop élitiste, ni une merdouille commerciale. Juste des films qui ont connu une diffusion relativement confidentielle mais qui présentent un intérêt certain pour le public. Et de fait, le petit millier de festivaliers est plutôt enthousiaste, composé de villageois du lieu et des alentours. On n’est pas dans le prout prout. Grande buvette sous chapiteau ouvert et lampions où la bière côtoie une boisson fraiche au gingembre-citron-menthe, un remontant en cas de grosse fatigue. Cantines aux allures de marché des producteurs.

Les organisateurs s’apparentent à ce qu’on appelle des néo-ruraux. Des gens qui ont fait le choix de vivre loin des villes pour une vie chiche de bricoleurs artistes. N’empêche que ce sont eux qui portent les animations et redonnent vie et lien social à des campagnes qui ont vu disparaître leurs petits commerces, leurs cafés. Ils vivent pour beaucoup dans des habitats auto-construits éparpillés au milieu du causse sauvage. Si la population locale a souvent vu d’un mauvais œil l’installation de ces gens se réclamant de nulle part et de partout, peu a peu, le lien s’est tissé et les extraterrestre sont devenus de moins en moins bizarres à leurs yeux, éveillant même, ici ou là, des vocations artistiques et un regard plus ouvert sur le monde.

Je sais que dès qu’on parle de telles expériences, on est suspecté d’être un bisounours ou de complaisances activistes ou gauchistes. Mais au bout d’un moment, il faut arrêter de s’inquiéter des suspicions. Les rabat-joie n’ont qu’à rabattre tout seuls.

Outre mon plaisir de me trouver là, il y a eu bien sûr l’occasion de la journée avec les pères Caumon et Tempo. Et puis les bouts de conversation avec les spectateurs, certains m’interrogeant davantage sur la sourcellerie et les guérisseurs. D’autres étaient contents de reconnaître Anselme du Village Français (enfin rasé !). Il y en avait pour toutes les casquettes.

Bravo à Patrick, Dom, Odile, Christel, Dune et toute la bande de bénévoles et organisateurs !

Cinéma en Sud Quercy

limogne

C’est pas que j’ai la bougeotte, mais demain, je serai dans le Lot, à Cenevières (près de Limogne). C’est là que nous avions tourné Cache cache de Yves Caumon. Et ça tombe bien, parce que justement, ils repassent le film ainsi que Le plancher des vaches de Fabrice Tempo.

Allo ?

enfant-oreille-decollee

Nouvelle horreur aujourd’hui, d’une incroyable lâcheté. Un prêtre de 84 ans… J’avais écrit un article un peu long. Finalement je l’ai effacé et attends que les musulmans s’expriment collectivement haut et fort pour dénoncer l’abjection de ces assassinats au nom d’une religion contre une autre, contre chacun d’entre nous, quelles que soient nos croyances, nos valeurs, nos origines. Sans ça, après cette accumulation  d’actes barbares, c’est le discours d’amalgame et de haine qui se renforcera (comme s’il en avait besoin). Tous ensemble ! (comme disent mes copains de la CGT)

Pour changer de registre, demain, je suis reçu à la SACD afin d’y recevoir la bourse Beaumarchais pour Manigances. J’hésite sur la chemise.

Photo de mon nouvel appartement

IMG_4066

Contis, un petit passage dans les Pyrénées puis retour à Paris. Un peu d’air pour me distraire des contingences matérielles fort nombreuses, liées aux déménagements, travaux et peintures parmi les cartons entassés.

Me suis quand même beaucoup amusé de l’histoire de la fliquette Niçoise. Ça se sentait comme le nez au milieu de la figure que venant d’une estrosiste de base version droite dure, il y avait forcément de l’interprétatif, de l’approximatif, l’occasion rêvée de pouvoir foutre à mal le gouvernement sur le dos des victimes du malade mental qui n’a pas eu le temps d’assimiler qu’on ne tue jamais au nom de Dieu en sincérité. Bref, en suivant la pensée politisée de bas étage, façon café-facho-du-commerce, on pourrait lui dire que l’on s’étonne que les caméras de surveillances chères à Estrosi ont filmé à plusieurs reprises, les jours précédents, le camion à un endroit où il n’avait pas le droit de circuler sans que la moindre contravention ait été dressée (la preuve : les fameuses caméras dont elle est responsable). On peut s’étonner aussi qu’Estrosi la grande gueule n’ait pas daigné assister à la réunion de sécurité en préparation du 14 juillet (pour ouvrir sa gueule après, ça, il était là !). Mais voyez-vous, même ça, on s’en contrefout.

Vous, sans doute, et vos amis les plus imbéciles pensent qu’il faut toujours plus de flics, toujours plus d’armes, toujours plus de couilles harnachées à la sangle d’une arme lourde. Vous devriez vous féliciter que le gouvernement en place a fait plus dans ce sens que tous vos copains qui étaient au pouvoir avant lui. Mais tout ça, c’est du pipeau pour rassurer l’électeur, lui faire croire qu’il est protégé. Dans la réalité, vous verrez que si vos copains prennent le pouvoir, les attentats continueront comme si de rien n’était. Tant qu’on ne cherchera pas à comprendre la situation, qu’on ne cherchera pas à savoir d’où vient cette folie, le drame continuera, suivi d’autres collatéraux (car les régimes autoritaires profitent toujours des terroristes pour s’attaquer à l’ensemble de l’opposition) et suivi d’autres générations de frustrés prêts à tout faire péter. Vous pourrez multiplier pas 10 le nombre de flics et de militaires dans les rues, vous aurez autant d’attentats. Parce qu’ils sont menés par des fous qui frappent où on ne les attend pas. Pour traquer cette folie collective, il faut de l’imagination, de la patience, analyser la situation et tous ses ingrédients. Il faut des flics, des militaires, mais aussi des éducateurs, moins de racistes de tous côtés, plus de justice, de respect mutuel. Et ça, ce n’est pas l’affaire des seuls états, mais de chacun. On dirait qu’un grand nombre de personnes n’ont pas pris la mesure de l’horreur qui est en marche. Les armes comme unique réponse ne suffisent pas.

J’en ai profité pour poster une photo de mon appartement. Mais je l’ai prise à travers un rouleau de sopalin. Ce qui fait que ce que je donne à voir, est une toute petite chose qui ne dit rien de la réalité. Un peu comme une conférence de presse d’une employée de la police municipale. Un peu comme un Juppé qui dit que l’attentat de Nice, c’est la faute à Hollande.

C’était cool.

IMG_4059

Très jolie projection de Cosmodrama hier à Contis. Comme toujours, les retours spectateurs étaient très francs et on a rallié de nouveaux Fernado-fans !

Toujours une fête de se retrouver en Contis, comme à la maison, avec Betty et Rainer. Contis, c’est comme un rêve. T’imagines une plage de l’Atlantique, infinie, une ville minuscule appuyée à la dune, un 21 juillet. La différence avec d’autres villes côtières, c’est que c’est pas connu, Contis. T’as forcément l’impression d’être un touriste privilégier à qui l’on épargne la foule. Mais chuut, ne le dites pas trop fort. C’est très bien comme ça.

Le Serge Barande, lui, a repéré les lieux depuis un bout de temps et, encore une fois, il a trouvé la route, avec Lucie. Je leur ai offert, comme promis, une vodka-orange (sans vodka). Très belle soirée.

Dans les étoiles

mars

Ce soir, je serai à Contis avec Cosmodrama de Philippe Fernandez (avec Émilia Dérou Bernal, Jackie Berroyer, Emmanuel Moynot, Serge Larivière, Sascha Ley, Ortez Oltz, Stéphanie Schüler…).

Hier soir, à la tombée de la nuit, j’étais sur Mars pour un dernier plan de la série Open Space de Julien Lacombe avec entre autres Hélène Vivies qui joue ma fille et Nathan Willcocks, une vieille connaissance du temps du théâtre Bordelais que j’ai eu plaisir à retrouver.

Entre les deux, je suis sur terre et cueille des haricots verts en Charente.

Cosmodrama à Contis !

cosmocontis

Pensées intelligentes sur les attentats : Juppé et Sarkozy au coude à coude. Les vrais primaires sont à droite !

Si votre niveau intellectuel dépasse légèrement leur bêtise (rassurez-vous, vous avez largement vos chances !), je vous invite à venir boire un verre à la projection de Cosmodrama à Contis (Petit cinéma Landais en bord de mer tenu par Betty et Rainer) le 21 juillet. C’est jeudi à 20:45. Ça nous changera de politicodrama décidément pas à la hauteur devant les drames que nous connaissons. Un peu de recul spatial fera du bien à tout le monde.

On n’attrape pas le vent

video_game_wallpaper_hd_wargame_fond_ecran_hd_jeu_video_guerre

Depuis cette ignominie d’attentat sur la foule familiale niçoise, je me la suis fermée. Comment ne pas être tétanisé par cette horreur ? Je pense chaque jour à ces familles, toutes générations confondues, qui venaient voir un feu d’artifice.

Je suis néanmoins assez étonné par certaines réactions politiques qui ne sont pas du tout à la hauteur. Je pense notamment à Juppé. Mais je pense à tous ceux qui nous présentent leurs solutions basiques : encore plus de flics et de militaires.

Je n’en sais rien, mais le mec, ce mauvais musulman qui n’a même pas été foutu de terminer le ramadan, je préfère y voir un hyper violent, hyper raciste, complètement perdu dans sa vie et nourri par Internet, les complotistes, les vidéos de propagande terroriste. Un pauvre mec, un Musclor qui passe de la console aux altères. Il est chez ces gens-là, le danger. Parce qu’ils sont très difficilement repérables, très peu organisés. Ils nourrissent leur haine sur la toile. Qu’est-ce qu’il foutait avec ses fusils en plastique ? Quelle histoire il s’est racontée, cet assassin ? Il vient d’où son racisme viscéral, sa haine du Français ? Je ne me pose (pause) pas ces questions pour l’excuser mais pour comprendre. Pour avoir un réaction appropriée, il faut comprendre. Parce que si l’on se contente de dire, c’est un terroriste, on n’avance pas. Si l’on se contente de rajouter des militaires, on n’avance pas davantage. Parce que ces mecs-là, ils ont quitté la réalité depuis longtemps. Ils sont dans un jeu vidéo. Leur monde est fait d’ennemis imaginaires pour fuir leur vie de merde.

Je ne vais pas proposer de solution idéale. J’attends juste que les responsables de tous bords se montrent à la hauteur de ce drame et de ceux à venir. Si l’on se contente de réagir comme eux, en ne prenant pas en compte le réel, on obtient les réactions du même niveau que le leur. Une simple escalade. L’État Islamique n’est pas un pays, pas un territoire, ce n’est pas concret. C’est de la propagande, de l’imaginaire. Il faut inventer d’autres façons de lutter qui dépassent les seules armes et l’apparence de l’autorité. Sur le terrain, ils perdent des hommes, des territoires. Mais leur vraie force meurtrière est dans les têtes dispersées sur toute la planète de ceux qui suivent ça comme un jeu vidéo et rêvent d’en devenir un héros.

À froid

fromji

Allez, on va pas en faire un fromage ! On a pas eu le CNC, on l’a pas eu. Merci aux membres de la commission qui ont soutenu Manigances et merci aux autres aussi. Pour avoir été jury de festivals, je sais que les choix sont parfois douloureux et qu’il n’existe pas d’évidence.

Ce qui est sûr, c’est que quand tu apprends la nouvelle, de l’autre côté, t’es vexé comme un pou quand c’est non. Et quand c’est oui, tu sors le champagne et fais des bonds dans tous les sens. Mais dans tous les cas, il y a au fond de toi une petite voix qui te dit que le résultat n’a rien d’objectif. C’est pas parce que t’es champion du monde que t’es le meilleur du monde, c’est pas parce que t’as un prix d’interprétation que t’es le meilleur acteur, c’est pas parce que t’es élu président de la République que tu vaux mieux que les autres, c’est pas parce que… petite chose dans le jeu social.

Pouet ! Par une vilaine sonnerie, mon ordinateur me rappelle que demain c’est la fête nationale. Ils vont encore nous faire chier avec leurs pétards…

Ça n’a pas trainé !

non

Manigances, le bien nommé, ne bénéficiera pas de l’aide avant réalisation du CNC. Céline, ma productrice était très étonnée. En effet, on avait eu la région à l’unanimité, une aide à la réécriture qui s’est avérée géniale, la Fondation Beaumarchais à l’unanimité. Cette commission pouvait sembler une simple formalité. Personnellement, j’avais rêvé, il y a trois jours que je ne l’avais pas. Mon inconscient a eu le bon goût de me mettre en garde. Ça prépare aux mauvaises nouvelles.

Résultat de tout cela, le film ne se tourne plus en septembre comme prévu, mais en 2017.

Comme dirait Didier, on a tout donné, on y a cru jusqu’au bout, en face, y avait du jeu aussi et après, quand tu tapes sur la barre, tu sais que le but ça se joue à rien. Bravo au Portugal !

Ce mois d’août, du coup, je m’occupe de la grange !