On n’attrape pas le vent

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Depuis cette ignominie d’attentat sur la foule familiale niçoise, je me la suis fermée. Comment ne pas être tétanisé par cette horreur ? Je pense chaque jour à ces familles, toutes générations confondues, qui venaient voir un feu d’artifice.

Je suis néanmoins assez étonné par certaines réactions politiques qui ne sont pas du tout à la hauteur. Je pense notamment à Juppé. Mais je pense à tous ceux qui nous présentent leurs solutions basiques : encore plus de flics et de militaires.

Je n’en sais rien, mais le mec, ce mauvais musulman qui n’a même pas été foutu de terminer le ramadan, je préfère y voir un hyper violent, hyper raciste, complètement perdu dans sa vie et nourri par Internet, les complotistes, les vidéos de propagande terroriste. Un pauvre mec, un Musclor qui passe de la console aux altères. Il est chez ces gens-là, le danger. Parce qu’ils sont très difficilement repérables, très peu organisés. Ils nourrissent leur haine sur la toile. Qu’est-ce qu’il foutait avec ses fusils en plastique ? Quelle histoire il s’est racontée, cet assassin ? Il vient d’où son racisme viscéral, sa haine du Français ? Je ne me pose (pause) pas ces questions pour l’excuser mais pour comprendre. Pour avoir un réaction appropriée, il faut comprendre. Parce que si l’on se contente de dire, c’est un terroriste, on n’avance pas. Si l’on se contente de rajouter des militaires, on n’avance pas davantage. Parce que ces mecs-là, ils ont quitté la réalité depuis longtemps. Ils sont dans un jeu vidéo. Leur monde est fait d’ennemis imaginaires pour fuir leur vie de merde.

Je ne vais pas proposer de solution idéale. J’attends juste que les responsables de tous bords se montrent à la hauteur de ce drame et de ceux à venir. Si l’on se contente de réagir comme eux, en ne prenant pas en compte le réel, on obtient les réactions du même niveau que le leur. Une simple escalade. L’État Islamique n’est pas un pays, pas un territoire, ce n’est pas concret. C’est de la propagande, de l’imaginaire. Il faut inventer d’autres façons de lutter qui dépassent les seules armes et l’apparence de l’autorité. Sur le terrain, ils perdent des hommes, des territoires. Mais leur vraie force meurtrière est dans les têtes dispersées sur toute la planète de ceux qui suivent ça comme un jeu vidéo et rêvent d’en devenir un héros.

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26 commentaires pour On n’attrape pas le vent

  1. anita dit :

    « quand les hommes vivront d’amour, il n’y aura plus de misère …  »
    … misère humaine …

  2. Lydie dit :

    Il faut que tu te fasses entendre plus haut, et plus fort : où sont donc ceux qui pensent comme toi (qui analyses si justement la situation), mais avec un pouvoir d’action ??

  3. hetre dit :

    Entièrement d’accord avec toi. Les politiques qui veulent plus de militaires et de flics ne rêvent que d’un régime dictatorial s’ils sont en place un jour.

  4. serge barande dit :

    Moi non plus, je ne voulais pas trop dire… Mais merde ! J’ai le cœur gros !
    L’autre nase, c’était juste un putain de trou-duc paumé, battant sa femme, violent par-dessus tout. Un étron humain. Une vilaine merde fétide et puante ! Un dégueulé d’humanité !!!
    Et les autres poufs intégristes en profitent… Bien sûr qu’ils en profitent, ces enculés, de ces cerveaux vides et forcément influençables…
    Quelle fange ! Quel fumier absolu !
    Ils sont à vomir.
    Quant à lui… je n’ai plus de mots.
    Je pense juste aux familles, aux gosses et à tous ceux qui ont péri…
    Et comme pour vous tous, c’est pas fastoche…
    Cabu aurait certainement fait très importante caricature de tout ceci ! Celle attentionnée envers tous ceux qui souffrent !
    Comme tu me manques, LAPIN !!! Oh putain… Cabu, comme tu me manques…! C’est indicible !
    Et embrasse Cavanna, pour nous tous. Et reposez vous bien, tous deux… Vous l’avez bien mérité ! Nous tenterons d’assurer le reste… Si tant est… Car je ne sais pas bien dessiner.
    Mais nos idées garderont à jamais les desseins partagés
    Un combat reste à jamais un combat !

  5. Corinne Barrios dit :

    Moi aussi je suis d’accord avec toi, d’autant plus que mon quartier de travail se situe dans l’endroit de Vitry où il y a le plus de communautés différentes : asiatiques, africains du nord, du sud,antillais, indiens, polonais à présent …et quelques « petits blancs ». Et bien sur tous en situation de difficulté financière, sinon cela ne serait pas drôle, car la mairie fait construire encore et encore des HLM pour que tout ce petit monde ne couche pas dehors étant donné que tant de villes ne respectent pas le quota HLM. Dans ces quartiers tous les intervenants sociaux (les éducateurs, les professeurs, mais aussi quantité de salariés ou bénévoles qui animent des ateliers artistiques, sportifs …) sont au taquet pour créer du lien, du plaisir à vivre ensemble. Et pourtant tout, autour de nous, semble faire en sorte que les choses se dérèglent, à commencé par notre propre éducation nationale, ceux des bureaux, ceux qui parlent à la télévision et qui ne sont pas sur le terrain bien sûr. Cette année, au moment de la « prise de température » concernant les futurs effectifs d’élèves pour l’année scolaire 2016/2017, il a été comptabilisé une moyenne de 23,52 élèves par classe pour notre groupe scolaire, alors qu’en ZEP la moyenne doit être de 24. Ils ont donc illico fermé une classe, ce qui fera des classes à double niveaux, des classes à 27. Alors que nos effectifs sont fluctuants tout le long de l’année avec des arrivés et des départs permanents.
    Les communautés différentes sont à cran les unes contre les autres. Les musulmans qui ne pratiquent pas se font insulter. Cette année, il y a eu dans notre secteur, trois actions »pugilat » contre un ou deux enfants en particulier qui avait eu sous l’effet de la colère, en cour de récréation et pour un motif futile, eut le tort de lâcher un « négro » ou un « sale musulman » de trop. Résultat : 20 gamins de 9/11 ans dans les rues de Vitry à leur poursuite et les parents obligés d’appeler la police pour faire évacuer la horde qui se masse derrière leur porte. Bilan pas trop lourd quand même : une dent cassée et des contusions. Et nous les profs, nous les avons dans nos classes. Nous savons que ce sont des enfants, qu’ils vivent des situations familiales souvent ahurissantes et nous pensons que nous sommes utiles tous les jours pour calmer les esprits, remettre les choses à leur place, et notre nombre ne cesse de diminuer aux endroits où il y en a le plus besoin, bien sur pour des questions soit disant de manque d’argent.
    Il est bien quelque part l’argent. La preuve, on nous l’étale sous les yeux constamment dans les médias.
    J’ai bien compris que le cinglé de Nice n’a pas été à l’école en France, mais autour de moi les musulmans n’ont toujours pas oublié la guerre d’Algérie, les blacks n’ont toujours pas digéré que leurs frères se soient fait embarqués comme esclaves, les asiates n’acceptent pas le communisme et le socialisme car ils en trop bavé et personne n’est là pour créer avec eux de beaux projets d’avenir et de vivre ensemble. Par contre ils trouvent toujours quelqu’un pour crier avec eux, pour se lamenter avec eux … Monter les uns contre les autres, cela profite à certains.
    A Vitry, pour les dernières élections législatives, Mr PERREUX le chef de file EELV avait dans sa liste des intégristes musulmans patentés. Il avait fait distribué des tracts à la sortie des mosquées, expliquant qu’avec EELV, les repas de cantine pourraient être adaptés aux végétariens, bien sûr, mais aussi aux enfants musulmans, alors que la mairie prévoit depuis toujours des repas sans porcs, mais ce n’est pas encore assez …et cela fait beaucoup d’électeurs. Ce n’est pas toujours l’extrême droite qui fait le plus de dégâts. Il y en a qui avancent masqués.
    Excusez moi si je me suis lâchée. D’habitude je suis beaucoup plus discrète mais là j’en avais besoin. J’ai trop de chagrin pour tout ça.

    • Blog Blancan dit :

      Tu as très bien fait de t’exprimer. On perçoit bien toute la complexité du machin. 😉

      • Corinne Barrios dit :

        Oui, mais j’en ai peut être fait un peu trop sur Vitry… Il est temps de prendre des vacances dans ma tête.
        Passe aussi un bon été.
        Bise

  6. Lydie dit :

    Tu es prof de quoi, Corrine ?

    Trouves-tu normal que les enseignants soient obligés de remplacer les parents dans le rôle d’apprentissage à la différence et au respect ??

    • Corinne Barrios dit :

      Dans la mesure où il y a défaillance de la part des parents sur ce point là, je pense que c’est à la société de prendre le relai. Maintenant si on est prof, on est en contact avec les enfants et on peut un peu faire un peu quelque chose, mais on ne peut pas être les seuls et on doit être aidés. C’est à dire déjà être soutenu par notre hiérarchie, ce qui n’est pas toujours franchement le cas, être en cohérence et en harmonie avec ses collègues, ce qui n’est pas évident mais faisable, et ne pas avoir une cohorte d’enfants « à problèmes » à s’occuper. Bien sur, la Commune aussi doit intervenir pour la prise en charge des enfants en dehors du système scolaire (clubs de sport, culture …) et l’État (Protection Maternelle et Infantile …) Et bien sûr la société entière doit s’efforcer de présenter un modèle cohérent à travers notamment sa justice sociale, ses médias …
      Bon, je ne suis pas le Bon Dieu, je suis juste professeur des écoles, j’enseigne à des CM1 (9/10 ans) et j’aime ça, mais je suis fatiguée.
      Quand je les ai en face de moi, je ne peux pas m’empêcher de me poser la question de savoir ce qu’ils deviendront plus tard. Je pense à ces extrémistes et je me dit que rien n’est trop pour empêcher ça. Alors non seulement je fait de l’éducation comme tous mes collègues, en plus de l’instruction mais avec l’aide souvent de la Mairie, on fait de beaux projets pour eux, pour qu’ils aient une autre vision du monde. Je rencontre ainsi des gens sympas et on essaie d’aller dans la même direction. Quand même, si on pouvait laisser un autre monde …

      • Blog Blancan dit :

        Je rappelle que le secteur éducation et animation socioculturelles a été mis à mal depuis des décennies. C’était pourtant un endroit de re-connexion à la société. Mais bon, on pourrait parler de politique du logement de discrimination à l’embauche etc… Ce n’est pas pour excuser mais pour définir le terreau objectif sur lequel s’appuie le discours délirant.

    • Blog Blancan dit :

      Personne ne peut remplacer les parents. Certains de ces mecs ont un super niveau d’étude et ont été « bien élevés ». Le problème ne se situe pas forcément là. En tout cas, pas uniquement.

    • Balbuzie dit :

      Sans doute que personne ne trouve ça « normal »… Mais il faut bien faire avec. Punir les parents ?… Moi je me demande ce qui fait que les parents de maintenant seraient différents des parents d’avant. C’est une question qui mériterait d’être creusée. Car ces parents-là, ils ont été éduqués par leurs parents, qui eux-mêmes… etc. Ou faut-il entonner avec Mr Valse, le chef de gouvernement d’une démocrature imaginaire : « Expliquer, c’est déjà excuser » ?

    • Lydie dit :

      Excuse-moi, j’ai inversé, Corinne.

  7. Sarro Philippe dit :

    Dans la disruption, comment ne pas devenir fou ?

  8. Pascale dit :

    C’est quoi ce film ?

  9. Pascale dit :

    ça a l’air rafraîchissant.

  10. serge barande dit :

    Témoignage d’un ex-Albertivillarien. Ex-habitant d’Aubervilliers où j’ai vécu de 1991 à 2004 et où ma fille, Lucie, a fait entre autres toute « sa petite école », à l’école Jacques Prévert pour ses classes maternelles – quartier des 4 Chemins pour ceux qui situent.
    Ils-elles étaient 31 minots à siester ensemble, de 17 nationalités différentes. Et tout était très doux et partageant. Quand on se rencontrait entre parents d’élèves, c’était pareil. Et je ne fais pas du béni-oui-oui. C’était bien ainsi qu’en ces années-là les parents partageaient les bonheurs qu’avaient les enfants à vivre ensemble.
    Quand on parlait de religion – ça arrivait aussi – on prenait soin de s’intéresser à celle de l’autre. Mais ce n’était pas le sujet premier.
    Le sujet premier restait avant tout le souhait qu’avait chacun que nos gamins y arrivent. Qu’ils ne soient pas à la traîne. Qu’ils s’en sortent ! Et ce sujet commun faisant alliance en l’esprit de tous, bien au-delà de tout dogme religieux ou sociétal.
    C’était vraiment très chouette que de vivre toutes ces coïncidences, versées pour le seul bien de nos gamins respectifs. Là, la solidarité était. Essentielle. Celle d’amour et de devoir parental.
    Je n’ai jamais, tout au long de ces années, senti de dérapage quelconque.
    Et de vivre cela, ce fut pour moi une formidable démonstration de tolérance quasi innée.
    Au travers de nos enfants qui se côtoient et s’aiment ainsi, j’ai appris à aimer des gens, des parents, très différents de moi, selon nos éducations respectives (religieuses, bien sûr). Mais n’en faisant plus cas très rapidement. Échangeant en langue anglaise avec la plupart, et se retrouvant sur les domaines d’importance que j’évoquais précédemment. Nos mômes et leur avenir.

    La déliquescence actuelle au sujet de tout ceci m’interroge et me peine. Je ne croise plus trop la paisibilité d’avant (relative, certes, mais gagnante quand même au final en la quotidienneté), et le souhait partagé de bien vivre ensemble.
    Les esprits s’échauffent et s’aiguisent. Et malheureusement, les efforts éducatifs développés aux divers stades scolaires ne suffisent apparemment pas à résoudre toutes ces déviances.
    Personnellement, je n’entraperçois pas de solution miracle afin de raccommoder « ce bien vivre ensemble », Chose ô combien blessée par les derniers évènements vécus.
    Sur le fond de notre société, des temps qui courent, cela demeure très inquiétant.

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