J’ai joué à cache-cache sur le plancher des vaches…

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Très joliment mené ce festival 7ème Ciel, cinéma en Quercy. C’est seulement la deuxième édition. Le principe est simple : un festival de cinéma annuel sur trois jours. Projections en plein air et sous chapiteaux. Chaque année, le festival change de village (même si on reste proche de Limogne). La programmation est faite de films singuliers, tournés en région ou pas. On privilégie le hors-norme tout en conservant un accès populaire dans le choix. On n’y verra pas un film trop élitiste, ni une merdouille commerciale. Juste des films qui ont connu une diffusion relativement confidentielle mais qui présentent un intérêt certain pour le public. Et de fait, le petit millier de festivaliers est plutôt enthousiaste, composé de villageois du lieu et des alentours. On n’est pas dans le prout prout. Grande buvette sous chapiteau ouvert et lampions où la bière côtoie une boisson fraiche au gingembre-citron-menthe, un remontant en cas de grosse fatigue. Cantines aux allures de marché des producteurs.

Les organisateurs s’apparentent à ce qu’on appelle des néo-ruraux. Des gens qui ont fait le choix de vivre loin des villes pour une vie chiche de bricoleurs artistes. N’empêche que ce sont eux qui portent les animations et redonnent vie et lien social à des campagnes qui ont vu disparaître leurs petits commerces, leurs cafés. Ils vivent pour beaucoup dans des habitats auto-construits éparpillés au milieu du causse sauvage. Si la population locale a souvent vu d’un mauvais œil l’installation de ces gens se réclamant de nulle part et de partout, peu a peu, le lien s’est tissé et les extraterrestre sont devenus de moins en moins bizarres à leurs yeux, éveillant même, ici ou là, des vocations artistiques et un regard plus ouvert sur le monde.

Je sais que dès qu’on parle de telles expériences, on est suspecté d’être un bisounours ou de complaisances activistes ou gauchistes. Mais au bout d’un moment, il faut arrêter de s’inquiéter des suspicions. Les rabat-joie n’ont qu’à rabattre tout seuls.

Outre mon plaisir de me trouver là, il y a eu bien sûr l’occasion de la journée avec les pères Caumon et Tempo. Et puis les bouts de conversation avec les spectateurs, certains m’interrogeant davantage sur la sourcellerie et les guérisseurs. D’autres étaient contents de reconnaître Anselme du Village Français (enfin rasé !). Il y en avait pour toutes les casquettes.

Bravo à Patrick, Dom, Odile, Christel, Dune et toute la bande de bénévoles et organisateurs !

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16 commentaires pour J’ai joué à cache-cache sur le plancher des vaches…

  1. serge barande dit :

    Pas bisounours du tout, Bernard ! J’étais plutôt, par tes propos, directement replongé dans le « Cinéma Paradisio ».
    Noiret, quoi !
    Une même ambiance…
    Et je lis tes plaisirs en ces mêmes instants-là…
    Comme Alexandre le Bienheureux…
    Noiret… Encore ! …..

    • Blog Blancan dit :

      Blanc-an / Noir-et, il en faut de toutes les couleurs !

      • serge barande dit :

        Bien, Bernard… ! Au demeurant des couleurs autres, on se contrefout donc ainsi du Rouge et du Noir.
        Enfin, quelques espaces de colories autres… Tranches de Liberté !

  2. Lydie dit :

    Amusant ce hasard, Bernard, car aujourd’hui, justement, je parlais de toi (alors qu’en général, hein, t’es vraiment pas le sujet des discussions ! 😀 ) avec ma fille qui me redisait qu’elle n’aime pas conflits, méchancetés, etc. Et je lui disais qu’on pourrait dire d’elle qu’elle est « bisounours »… comme parfois, dans certains propos de BB ; mais non, au fond, je crois plutôt que c’est là une sensibilité et un désir de voir de belles choses positives, douces, voir ce qui fait avancer et réconforte au milieu de la parfois dure vie, non ? 🙂

    Ceci dit, tu pourrais m’expédier 3 caisses de citron-menthe-gingembre ? Ça doit être super bon !!

    • Blog Blancan dit :

      Ben, quand tu as un peu de lucidité sur le monde, pour te soulager, c’est pas mal, en contrepoids, de voir aussi les belles choses porteuses d’espoir. Sinon, j’ai déposé une barrique au ponton.

      • serge barande dit :

        J’ai vu, Bernard… J’ai bien vu… J’y suis passé, ce soir, au ponton…
        Et je l’ai bien rangée dans la cache secrète. Ma mission, en sorte. Ma précaution…
        Ben ouais… Une barrique de bon vin qui t’arrive comme ça… Tu deviens une espèce d’infirmier du vin. Cela revêt du domaine médical. Une fameuse importance en soi !
        Y a quelques décennies de cela, Antoine Blondin, me disait déjà : « Fait attention, Petit lapin… y a des choses, faut bien y prendre soin ».
        Alors… écoutant bien mon Antoine – un sacré professeur… -, j’ai bien garé la barrique en question.
        L’affaire est donc tranquille. A température… Bien rangée…

        0n ne serait pas les Rois du Monde, ainsi ?…

      • Blog Blancan dit :

        La barrique… je la trouve plus. Tu l’as mise où ? Tu l’aurais pas embarquée en Pays Basque, par hasard ?

  3. Lydie dit :

    Cinéma Paradisio… faudrait que je me décide à le voir, si Noiret y est égal à lui-même, ça doit être un régal.

  4. Tomaticha dit :

    Ce festival à taille humaine et sans chichis, ça fait vraiment envie.
    Quant à la « Bisounourserie », ça a du bon ☺

  5. serge barande dit :

    Nan !!! Pas encore embarqué la barrique au Pays basque, Millediou ! Me reste encore des « longueurs de piscine » à tirer. Pfff….
    Je serai au ponton dimanche midi, pour une Respiration fluviale.
    Et on n’est que mercredi soir ! Putain……….
    L’horloge ne se serait pas déréglée ? J’ai la vilaine impression que les jours sont passés à une durée de 35 heures.
    Ce ne serait pas la Martine qui beuguerait, en ces chaleurs estivales ?

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