3 histoires d’amour (dizaine 10/10)

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Je terminerai cette dizaine d’articles dans lesquels je m’étais artificiellement imposé de ne rien dire de négatif par mes bonheurs artistiques des semaines passées.

Il y a eu Edmond d’Alexis Michalik au Théâtre du Palais Royal. La success storie de la première de Cyrano de Bergerac, de l’écriture à la représentation. Une écriture vive qui renoue avec un théâtre populaire au bon sens du terme. Mise en scène et acteurs qui jubilent. Un triomphe pour des spectateurs qui aiment qu’on leur raconte des histoires qui, si possible, finissent bien et génèrent une bonne dose de rires.

Presque à l’opposé, le roman de Jocelyne Desverchère, Première à éclairer la nuit, chez POL. Peu de personnages pour une histoire d’amour qui ressemble à l’histoire d’une obsession. L’écriture remarquable se déroule dans une rare économie de mots. Les phrases se limitent à leur strict nécessaire. Pas de fioriture. Et naît la beauté de l’écriture. Un détail raconte l’essentiel, l’air de rien. Nous ne lisons pas une histoire d’amour fleur bleue mais l’histoire d’un combat dans lequel la volonté joue un rôle majeur. Par moments on croirait lire un polar. Je connaissais Jocelyne comme actrice et réalisatrice. Sa plongée en écriture est une très grande réussite.

C’est plus facile et attendu, mais j’ai beaucoup d’affection pour Tonino Benacquista. Romanesque, édité chez Gallimard est encore une histoire d’amour. Mais l’histoire d’un amour absolu, irréel, qui commence au Moyen-âge et traverse le temps et la géographie. Face à cet amour pur, la jalousie des autres, l’ostracisme des bonnes gens qui ne supportent pas tant de bonheur, suspectant quelque magie, maladie mentale. Cette histoire n’est acceptable qu’à partir du moment où elle entre dans la légende, dans une espèce de fiction que l’on raconterait. Cet amour-là ne supporte pas le réel. On pourrait penser à Cyrano de Bergerac justement ou à Don Quichote dans ce plaisir des épopées romanesques. Un grand plaisir de lecture.

Interlude post primaires (dizaine 9/10)

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Bon, en fait, depuis une semaine, je bricole dur car je sais que je n’en aurai pas le loisir en 2017 (c’est pour ça, le doigt de la semaine dernière). Mon voisin anglais me dit que je me fais une man cave. Le sanctuaire du mâle. Je me demande d’où vient ce besoin qu’ont les hommes de se construire un espace dédié, une tanière, une caverne. On pense évidemment à une tendance bien connue à l’égoïsme mais j’aime à croire qu’il y a quelque atavisme. Il doit bien exister une étude sur le sujet.

En fin de semaine, petit goûter à la SACD pour les boursiers Beaumarchais. Un peu de société après ma période « ouvrier du bâtiment » fera un contraste bienvenu.

Et de 9 ! Plus qu’un article gentil…

Avant l’heure (dizaine 8/10)

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Les sourcils ont gagné. Élection ouverte pour 2017 ? Il faut voir. En tout cas, ceux de gauche qui sont allés filer deux euros pour Juppé auraient mieux fait de s’acheter des malabars. C’est la vie.

En respect à mon projet de dizaine, je ne ferai pas davantage de commentaires.

Et de 8 !

Castro fumait le cigare (dizaine 7/10)

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En tenant compte des quelques choses que j’ai apprises dans ma recherche sur les guérisseurs, j’ai trouvé que les paquets « neutres » de cigarettes qu’ils nous vendent avec des images hideuses de maladies dégoutantes ce n’était pas vraiment neutre neutre. On dirait qu’ils nous invitent à tomber malade. C’est pourquoi j’ai opté pour un vrai paquet neutre.

Rien à voir, mais le décès de Fidel Castro fait entendre ceux qui le considéraient comme un simple dictateur, d’autres comme celui qui avait su résister aux impérialismes, avait donné la santé, l’éducation, l’agriculture à son peuple. Un héros qui a fait des erreurs et dont le pays a connu pendant des décennies l’embargo économique des pays riches. Mais peut-on être neutre sur la lecture de l’histoire ?

Les communistes (je rappelle que ce n’est pas un gros mot) soutiennent la France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon (je rappelle aussi que ce n’est pas un gros mot).

Hasta la victoria siempre !

Et de 7 ! (plus que 3 articles relativement sobres et optimistes).

Clap clap clap (dizaine 6/10)

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C’était assez émouvant, hier soir, d’en voir un, tel un lapin mécanique, déverser son assurance avec constance et l’autre parler pour essayer de plaire en étant conscient de ne pas y parvenir. Digne d’une bonne pièce de théâtre. Presque tragique. C’était beau.

Et de 6 !

Espoir citoyen (dizaine 4/10)

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Ces prochaines élections s’annoncent très ouvertes. Côté FN, le modèle Trump est en train de se dégonfler comme un soufflet, abandonnant une à une ses annonces de campagne. Ce qui laisse deviner aux électeurs qu’il en serait de même si leur cheffe était élue. Soi-disant anti système, anti finance, les banques le suivent et la bourse l’accompagne. Ben oui, quand on est d’extrême droite, on est de droite. Ce n’est pas parce qu’on déguise son discours économique en discours antilibéral de gauche pour plaire au peuple, que l’on va se trahir génétiquement une fois élu. De droite tu es, de droite tu resteras. Comment veut-on qu’un capitaliste s’intéresse sincèrement au peuple ?

Mais ce qui est formidable, c’est ce qui est en train de se passer à droite. Fillon, le réactionnaire catho, séduit déjà une partie de l’électorat qui avait ou allait glisser vers son extrême droite. Macron, lui, séduit une bonne partie de la droite. Si Fillon remporte dimanche la primaire, Bayrou se présentera. Nous voici donc avec un électorat de droite qui va se disperser vers trois candidats (au moins) et une extrême droite dont une partie de son vote se trouve aspirée par Fillon.

Résultat, la gauche se voit autorisée à ne pas suivre comme un seul homme la ligne (pour l’instant) social démocrate d’un PS mou. Une vraie place est crée pour des propositions plus radicales, antilibérales et sociales, à l’image de l’émergence d’un Bernie Sanders aux USA.

L’espoir renaît !

Et de quatre !

Stop au Hollande bashing (dizaine 3/10)

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J’avais zappé l’appel de personnalités du spectacle « stop au Hollande bashing ! ». J’aurais pu signer cet appel si j’avais été une personnalité du spectacle. Sans rire. Parce que je fais le distinguo entre l’approbation ou la réprobation face à telle ou telle mesure et le rejet automatique dès qu’il ouvre la bouche.

Il me semble qu’il y a déjà une différence majeure de gouvernance par rapport à son prédécesseur. Avec Sarkozy, nous n’avions pas une parole de chef d’État mais un art consommé du langage populiste. Pas une phrase qui ne vise pas de façon malveillante telle ou telle catégorie. Il fallait qu’il montre toujours du doigt les fainéants, les assistés, les étrangers, les bobos, la racaille, y opposant la rhétorique de l’homme fort qui agit pour les bons Français. Bon, dans les faits, on voit bien que celui qui a supprimé les postes dans la police, par exemple, c’est bien celui qui criait au laxisme. Les faits, pas le blabla ! De ce strict point de vue, Hollande s’est montré à maintes reprises, face aux événements les plus difficiles, les plus graves, un vrai homme d’État (sauf quand il lui a pris l’idée de suivre la démagogie ambiante avec la déchéance de nationalité qui ne sert qu’à séduire une certaine catégorie de l’électorat et n’a aucun effet sur rien).

Je fais partie de ceux qui ont élevé la voix contre Hollande à ce sujet, précisément, ou à propos de la loi El Khomri, mais aussi sur les cadeaux fiscaux faits aux entreprises avec la naïveté de croire qu’elles allaient embaucher en retour (là, c’est réellement une faute grave). En dehors de toutes ces mesures de droite pondues par celui qui avait dit « notre ennemi c’est la finance », Hollande n’aura pas à rougir de sa gestion du pays au regard de l’histoire. Il y aura eu d’indéniables progrès dans les domaines de l’éducation, de la justice. La COP21, c’est peut-être une posture, ce qui en est sorti est peut-être insuffisant, mais ça a été le déclencheur de mesures internationales en faveur du climat et d’une prise de conscience mondiale.

Bref, Hollande, il a fait le boulot de façon très honorable. Quand t’es de gauche, tu peux avoir le sentiment d’avoir été trahi sur le plan de la politique économique (et je suis de ceux-là). Il n’empêche que je suis assez impressionné de le voir continuer à diriger le pays, à le faire rayonner à l’international comme si cette espèce de haine irrationnelle à son encontre n’avait pas de prise sur lui.

Le Hollande bashing, il a commencé le soir même de son élection. Tous les gens de droite sur les plateaux de télévision s’étaient donné pour consigne de prononcer le plus possible le mot « amateurisme ». Tout a été fait par l’opposition pour lui interdire le moindre crédit. On a moqué ses rondeurs, ses cérémonies sous la pluie. Il ne ressemblait pas à ces statues fières qui représentent l’image de chefs d’état.

En résumé, on peut être contre la politique économique de Hollande (donc, contre toute politique de droite) et contre le Hollande Bashing qui se résume à critiquer à l’avance.

Et de trois…

Bravo ! (dizaine 2/10)

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Les électeurs de droite ont viré leur populiste de façon nette. Ils ont mis celui qui faisait des clins d’œil au centre gauche et que l’on imaginait en tête, à la porte du placard. Ils ont choisi le mec de droite, tout simplement. Pour des électeurs de droite, je trouve ça très cohérent et très honorable, même si évidemment, je ne partage en rien le programme du vainqueur. Une leçon à méditer.

Ce qui est à noter aussi, c’est qu’à une semaine d’un premier tour, rien n’est absolument joué.

Pour ceux qui s’interrogent sur l’erreur du pendule (comprenne qui pourra), elle provient sans doute du fait que je n’avais pas mis de papier « Fillon ». Faut-il que je sois nonchalant, quand même…

Dizaine

chapelet

Suite à un grand nombre d’articles politiques colériques et méchants suscités par le choc de la victoire du président américain, j’ai pris la décision de m’imposer une série de 10 articles positifs.

Puisque nous sommes sur un blog d’acteur, autant vous donner de mes nouvelles d’acteur, tiens. Et de réalisateur, tant qu’on y est.

Comme acteur, l’année 2017 pourrait voir offrir à Anselme une bien jolie partition dans Un Village Français. Mais ce sera aussi une année très théâtre avec de nombreuses représentations dans deux salles parisiennes, à Avignon, à La Réunion avec une belle tournée en France.

Ceci n’empêche en rien mes projets de réalisation. Je tournerai Manigances au mois d’août et d’ici là je travaille sur 3 projets de documentaires.

Elle est pas belle, la vie ?

Et de un !