3 histoires d’amour (dizaine 10/10)

img_4405

Je terminerai cette dizaine d’articles dans lesquels je m’étais artificiellement imposé de ne rien dire de négatif par mes bonheurs artistiques des semaines passées.

Il y a eu Edmond d’Alexis Michalik au Théâtre du Palais Royal. La success storie de la première de Cyrano de Bergerac, de l’écriture à la représentation. Une écriture vive qui renoue avec un théâtre populaire au bon sens du terme. Mise en scène et acteurs qui jubilent. Un triomphe pour des spectateurs qui aiment qu’on leur raconte des histoires qui, si possible, finissent bien et génèrent une bonne dose de rires.

Presque à l’opposé, le roman de Jocelyne Desverchère, Première à éclairer la nuit, chez POL. Peu de personnages pour une histoire d’amour qui ressemble à l’histoire d’une obsession. L’écriture remarquable se déroule dans une rare économie de mots. Les phrases se limitent à leur strict nécessaire. Pas de fioriture. Et naît la beauté de l’écriture. Un détail raconte l’essentiel, l’air de rien. Nous ne lisons pas une histoire d’amour fleur bleue mais l’histoire d’un combat dans lequel la volonté joue un rôle majeur. Par moments on croirait lire un polar. Je connaissais Jocelyne comme actrice et réalisatrice. Sa plongée en écriture est une très grande réussite.

C’est plus facile et attendu, mais j’ai beaucoup d’affection pour Tonino Benacquista. Romanesque, édité chez Gallimard est encore une histoire d’amour. Mais l’histoire d’un amour absolu, irréel, qui commence au Moyen-âge et traverse le temps et la géographie. Face à cet amour pur, la jalousie des autres, l’ostracisme des bonnes gens qui ne supportent pas tant de bonheur, suspectant quelque magie, maladie mentale. Cette histoire n’est acceptable qu’à partir du moment où elle entre dans la légende, dans une espèce de fiction que l’on raconterait. Cet amour-là ne supporte pas le réel. On pourrait penser à Cyrano de Bergerac justement ou à Don Quichote dans ce plaisir des épopées romanesques. Un grand plaisir de lecture.

Cet article a été publié dans blancan. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

12 commentaires pour 3 histoires d’amour (dizaine 10/10)

  1. Serge Barande dit :

    C’est chouette. Ça donne envie. Tu finis tes 10/10 en baudet !
    J’adore ces bestioles… Elles ont une frange qui nous cache leur regard. Cela doit traduire un tempérament timide et réservé. Et surtout pas fourbe. Si ça se trouve, elles ont déjà lu tout ça…
    Qui peut savoir… ?
    J’avais une liste de métaphores anthropomorphiques au sujet de quelques protagonistes bipèdes du week-end dernier, sans sabot – mais quelques-uns dans leurs petits souliers, depuis..
    Des Ongulés (selon comment on le comprend…), mais surtout des sans-franges, des chauves, ou des sourcilleux…
    Je nous en épargne, sinon je vais m’auto-plomber ma soirée. J’ai d’ailleurs, à l’évocation de ceux-ci, déjà un peu entamé la démarche…

  2. Lydie dit :

    Tu fais comment, toi, pour pouvoir écrire en gras ? 😀

  3. Lydie dit :

    Je vous rends grââce de m’avoir aidée,
    Mais un filet d’huile d’olive me suffira !

  4. Lydie dit :

    Bon, je m’incline, tu es un vrai connaisseur !

Les commentaires sont fermés.