Mon 11 mai

libération

Qu’est-ce qui est plus insupportable que d’être dans l’attente, de ne pas avoir les éléments qui te permettent d’envisager le futur ? C’est ce que produit le déconfinement, en fait. Au moins, confiné, tu te dis que tu n’as le choix de rien.

J’ai l’habitude de ce genre de situation. Dès que l’on fait des projets artisitiques, leur réalisation dépend de multiples intermédiaires qui prennent leur temps pour lire, prendre des décisions, se réunir, attente des résultats de diverses commissions pilotées par des spécialistes plus ou moins contestables… Professionnellement, on attend, on s’habitue un peu, même si on fulmine souvent. Ces interdictions de se projeter finissent quand même par miner le moral.

Avec cette période post-confinement, c’est la même chose, mais on a l’impression que cette situation spécifique est désormais généralisée.

J’ai droit à la retraite grâce à mon activité professionnelle précoce depuis le mois d’avril. Mais impossible d’avoir un rendez-vous téléphonique et les réponses aux messages écrits sont le plus souvent totalement inappropriées.

Dans le village où je me suis confiné, on devait avoir des masques à disposition au bureau de tabac le 4 mai + d’autres distribués par la mairie avant le déconfinement. Mais personne n’a été livré.

Ce rayon de circulation de 100 kms me coupe de tout accès à ma famille et mes amis ou à mon milieu professionnel. Rentrer à Paris sans activité ? Tout rassemblement public interdit ? La question se pose. Mais se retrouver bloqué là-bas, en appart, sans boulot, sans loisirs, je ne suis pas certain.

Et quand tu vois que les décisions dépendent du monteur de tigres, de Véran, Philippe et Rantamplan, tu n’es pas certain que tout sera fait avec bon sens.

Si tu ajoutes à cela que tu constates que beaucoup de gens que tu connais se laissent aller soit à l’adoration de Son Altesse, soit au complotisme le plus imbécile, tu finis par te sentir un peu isolé sous la pluie et le vent.

Bref, le 11 mai jour de libération ? Pas certain.

12 réflexions sur « Mon 11 mai »

  1. Au moins, tu pourras aller cueillir des champignons ! Reste donc à la campagne ! 😉

    J'aime

  2. La campagne donne plus d’ espace…
    T ‘inquiètes, je reçois aussi des vidéos pourries….je fabrique des masques que j’ offre et des sacs pour faire quelques sous.
    Comme , il pleut dans la ville personne ne sort…

    J'aime

  3. T’es pas tout seul, Bernard. Entre l’adoration et le complotisme, il y a un éventail immense de luttes, de mobilisations, de réflexions et autres métamorphoses… Nous sommes légion à être parfaitement conscients de nos responsabilités et du caractère charnière de notre temps. Je t’embrasse fort ! Haut les coeurs, mon ami !!!

    J'aime

  4. Si tu es dans l’attente, tu envisages le futur. T’as pas toutes les cartes, t’as pas la main, mais tu envisages… J’adore ce verbe !

    J'aime

  5. Ce processus m’habite (sans vulgarité aucune), mais ce processus de déconfinement interpelle. Où l’on voit que celui de se confiner était finalement beaucoup plus simple et moins soumis à quelque risque que celui de se déconfiner.
    Alors qu’il était considéré (mi-mars) que ô grand jamais les Français s’y plieraient…
    Comme quoi, le bilan que l’on peut en faire, est que les Intellectuels et les Toubibs clamant cela (mi-mars), se sont bien plantés !
    Résultat des courses… A qui faire bien confiance ?
    Le Gouvernement… ? Putain, j’ai un panaris au majeur droit… Mate quand je le dresse vers le ciel, comme il est tout gonflé mon majeur droit.
    Raoult… ? Scientifique égocentrique…
    Salomon…? Et ses jugements divers…
    Comment veux-tu… !? Comment veux-tu…

    Bashung chantait : « J’envisage le pire… » (Iris a bien raison)

    Une chose est certaine, c’est qu’on attend tous une pousse de cèpes (Hélène ne dort pas !).
    Mais de ce truc hyper essentiel (la poussée des cèpes du printemps), ni le Gouvernement ni Raoult ni Salomon, ne s’en préoccupent.
    Ah… on est mals, je te le dis bb… on est mals !
    D’ici qu’on doive avancer masqué pour y arriver… y a qu’un pas.

    J'aime

Les commentaires sont fermés.