Sans doute un copain de la huppe fasciée

papillon

Des comme ça, je n’en avais jamais vu ! Sacré artiste, le concepteur du papillon. Ça ressemble tellement à de la peinture que ça ramène nos œuvres humaines à quelque chose d’inscrit dans des mécanismes archaïques universels. Somme nous juste des papillons ? On est en droit de se poser la question, parfois.

Sinon, j’ai la confirmation d’un tournage pour fin octobre en Allemagne. Beau projet. Évidemment, j’avais des répétitions de théâtre qui tombaient sur la même période. Quatre petits jours que tout le monde s’arrache. On est parfois insaisissable. Comme un papillon.

Celui de la photo est un paon du jour (assez commun, parait-il…).

Publié dans blancan | Laisser un commentaire

2017

foul

Entre nos ancêtres les gaulois pour tous et « vous voulez parler du Gabon, retournez-y ! » lancé à des étudiants Gabonais venus chahuter un de ses meetings, Sarkozy donne le ton de la campagne électorale qui s’annonce puante à souhait et d’une vulgarité qui raconte bien l’état de l’opinion. Ben oui, les populistes qui draguent le peuple, juste pour prendre le pouvoir, ils ne font que reprendre les points de vue du café du commerce. C’est à dire tout ce qui nourrit les conversations de beaucoup de citoyens qui crachent toujours sur les pouvoirs en place, se plaignent des impôts (même quand ils n’en paient pas), ont peur qu’on les vole, qu’on leur mange leur pain et détestent les étrangers, surtout les arabes.

En fait, Sarko, Lepen, Trump sont autant de miroirs de ce que nous sommes majoritairement. Il est des moments où l’on se sent bien dans la minorité.

Publié dans blancan | 16 commentaires

Hubert 2, la dame blanche

uber

Je n’ai pas voulu rester sur une expérience aussi caricaturale. C’est pourquoi lorsque je quittais le tournage vers 23:30, je me décidais de faire appel à Hubert pour la seconde fois. Il avait vraiment rajeuni, Hubert. Vif, avenant, il m’a reconnu immédiatement. Indigènes ? Ben oui. Tandis que nous sympathisions vite sur un trajet à la conduite exemplaire, je lui confiais mes déboires lors de mon premier trajet, celui de la semaine passée. Il a ri.

Vous savez, le but, c’est de gagner le plus possible et parfois, quand on a vraiment besoin, on ne compte plus les heures. Mais c’est clair que c’est nul. Une fois, il m’est arrivé un truc du genre. J’étais épuisé. Plus de vingt quatre heures dans la voiture, non stop. À un moment, vers 23:00, je fais une course avec une dame très silencieuse. Je la vois dans mon rétro, toute droite, pâle, les yeux grands ouverts, parfaitement immobile. On ne fera pas la conversation. De toute façon, je suis fatigué. Très fatigué. Arrêté à un feu rouge, je m’endors. Quand je ré-ouvre les yeux le feu semble vert depuis un bout de temps. Je démarre et m’engouffre sur la jonction de l’autoroute A3. Je jette un œil dans le rétro pour voir si ma cliente ne s’inquiète pas de mes endormissements. Et là, je constate qu’il n’y a personne. Mon siège arrière est vide. Pas moyen de me souvenir où j’ai chargé la cliente ni où elle allait. Personne. Et me voilà sur cette autoroute que je déteste, pas éclairée, loin de chez moi. Hallucination. J’ai appelé mon frère et lui ai annoncé que ma journée était terminée (on partage la même voiture et on se relaie). Je n’en peux plus. Je vois des trucs qui n’existent pas. Il ne m’a jamais cru.

Voilà la petite histoire qu’il m’a racontée. Il m’a dit aussi que pour les jeunes des quartiers défavorisés où même les diplômés ne trouvent pas de travail, Hubert a été une chance de s’en sortir. Même si dans la réalité, le seul qui s’en sort vraiment, c’est le grand Hubert lui-même qui touche 20% de la course, juste pour avoir créé une application qui met en lien clients et chauffeurs.

Publié dans blancan | 6 commentaires

Curieux

gomme

En consultant les statistiques de mon blog, je m’aperçois que, régulièrement, il y a des gens pour aller chercher un très vieil article. L’un d’eux c’est « j’adore la palme d’or ». Cet article très court a été écrit au soir de la palme attribuée à Dheepan, sans avoir vu le film, juste parce qu’il y avait Vincent Rottiers. Depuis, j’ai vu le film et je ne crois pas en avoir fait un article.

Statistiquement, il y a des lecteurs qui sont à la recherche de coups de gueules que j’ai pu pousser ici ou là, de petits énervements, d’articles conflictuels… c’est tellement plus drôle. Alors, à ceux-là, je me dois d’expliquer que j’efface.

En effaçant les articles qui peuvent apparaître les plus polémiques, je donne au blog un axe plus ancré dans le présent, dont les aspérités (qui peuvent m’être préjudiciables) sont rabotées de temps en temps. J’efface peu les articles politiques, sauf quand ils touchent vraiment aux sujets sensibles, ceux qui font éructer les racistes franchouillards de tous poils (qui sont malheureusement de plus en plus nombreux, ce qui n’augure rien de bon pour l’avenir et qui m’afflige profondément, soit dit en passant).

En procédant ainsi, je suis plus libre de me lâcher quand bon me semble. Quand le cri résonne dans le vide, qu’il n’en reste qu’un faible écho, plusieurs jours, semaines ou mois plus tard, pfffuit, disparu, le cri. Gommé. Ce blog, il fonctionne au présent. Sur le passé, il a une mémoire sélective. Comme dans la vie, quoi.

Publié dans blancan | 4 commentaires

Deuxième semaine !

Le débat Europe 1 sur Toril (départ immédiat).

Sans doute avez-vous été trompé par le bruit de l’eau que je déversais dans le lac avec ma carafe Facebook, mais Toril est un petit film d’un point de vue médiatique qui n’a bénéficié d’aucun JT. Forcément, les 96 copies France de la première semaine se transforment en 58 aujourd’hui. Il va devenir beaucoup plus difficile de le voir. Et je vous dis pas la semaine prochaine… C’est comme ça, le cinéma. Cette fois-ci, vous êtes prévenus.

Publié dans blancan | 11 commentaires

Hubert avait sommeil

uber-chauffeur-lyon

Le court-métrage est super. Un très beau film en perspective. Mais bien sûr, tu signes un papier pour dire que tu ne toucheras pas un centime, que tu renonces à tes droits artistiques et tu finis de tourner à deux heures du mat alors qu’on t’a fait arriver à 10 heures. C’est sympa, on est jeunes, on adore l’art. Quand on m’a dit qu’il fallait que j’attende que le régisseur ait tout rangé avant qu’il me raccompagne chez moi avec trois autres personnes à déposer dans Paris, j’ai bizarrement choisi d’utiliser UBER pour la première fois.

Il est 02:47 quand je clique sur « commander ». Le gars, il est arrivé deux minutes après, tel Zorro, dans sa grosse voiture noire déjà chargée d’une cliente (c’est moins cher). Il n’a fallu que quelques centaines de mètres pour se rendre compte que le pauvre Hubert, il était épuisé. Mais pas épuisé comme nous l’étions tous, non, vidé, exténué, proche de l’endormissement, du coma. Il accélérait pendant quelques secondes comme s’il voulait battre je ne sais quel record puis il se mettait à rouler à 30 km/h. On se demandait comment il parvenait à s’arrêter aux feux rouges. Quant au vert, il lui fallait entre dix et vingt secondes pour réagir au signal qui l’autorise à démarrer. Comme figé dans une rêverie. Sur le périph, c’était la voiture qui partait sur la gauche puis roulait au pas, un clignotant allumé pour rien sans que j’ai eu le loisir de repérer de quel côté il indiquait un changement de direction, un déport lent sur la droite nécessitant un coup de volant pour se remettre sur la voie sans heurter quelque muret en béton.

De temps à autre, j’ai essayé de faire la conversation afin de le maintenir éveillé, prêt à saisir le volant en cas d’endormissement profond. Les paroles qu’il arrivait à émettre n’étaient pas vraiment de nature à me rassurer : « Y a rien à faire contre la fatigue. C’est la nature ! ». En poursuivant un peu, j’ai appris qu’ils n’avaient pas le droit de manger gras, pas de frites, pas de kebab. On leur conseille de manger de la soupe, des légumes et de boire du thé pour assurer la nuit. Il m’a avoué avoir un peu exagéré sur l’agneau. Je suis arrivé à la conclusion que le pauvre Hubert, il avait enquillé une semaine de travail en journée et une semaine de nuit à promener les gens dans sa voiture et que, s’il ne s’arrêtait pas, il allait casser la voiture, tuer les gens et se tuer lui-même.

Ce matin, je recevais un mail récapitulant la course folle d’un point de vue plus factuel et qui me suggérait de noter le chauffeur. Qu’est-ce que tu peux faire… J’ai pas noté.

Pour la première fois que j’utilisais cette application de l’ultralibéralisme esclavagiste, j’ai pu en saisir toutes les limites déontologiques et physiques. Tu réalises que, comme dans tous les domaines, les droits sociaux ont un prix. Celui de l’humain. Ceux qui s’en plaignent, c’est toujours ceux qui emploient. Et la CFDT.

Publié dans blancan | 10 commentaires

Ça tourne déjà 

Deuxième jour de tournage sur « Joyeux anniversaire « , le court-métrage de Nicolas Khamsopha. Une petite histoire familiale bien chargée dans laquelle je joue le père. Petite équipe aussi pro que sympa.

Week-end décisif pour Toril. Sans promo médiatique, il est toujours difficile à un premier film sans star de se faire une place. Dimanche soir, nous serons fixés. On a fait du bon boulot, mais pour nous, il est terminé.

Publié dans blancan | 3 commentaires