L’ambition

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Si tu veux, quand je réalise un film (ce qui ne m’arrive pas si souvent), j’ai juste envie de pondre un truc que j’aimerais voir et qui ne ressemble pas à ce que j’ai déjà vu. Pour le premier, c’était raté. Ça ressemblait à du Tati ou du Pierre Etaix. Pour le dernier, c’était tellement réussi, que personne n’a osé le sélectionner en festival. Ou trop peu. Mais bon, j’ai été primé quand même les deux ou trois fois où des petits festivals ont pris le risque de sélectionner un truc qui ne ressemble à rien.

Cette fin d’après-midi, j’étais à la lecture d’un court-métrage dans lequel je vais jouer. Le réalisateur, il est encore plus jeune que mon plus jeune fils. Son scénario, c’est de la balle. Et lui, c’est un ambitieux. Il veut forcément que son film soit sélectionné dans des festivals internationaux pour l’aider à produire son long-métrage qui sera primé à Cannes. On pourrait trouver ça naïf, voire imbécile d’afficher des objectifs de cette hauteur avant même d’écrire. Sauf que, quand on a rencontré le bonhomme, on n’a qu’à s’incliner. On en ressort persuadé qu’il y arrivera. Parce qu’à la différence des prétentieux, en plus de son ambition débordante et motrice, il est bourré de talent. Il a un sens du cinéma et ne fait jamais semblant. Ce qu’il filme doit être sincère et sortir du fond des tripes. Son dernier court-métrage a été déjà sélectionné dans plusieurs festivals internationaux. Et il l’a produit sur son argent propre.

Sa détermination quasi guerrière et son enthousiasme contagieux, il les doit sans doute à ses origines lointaines, métissées et migratoires. Mais il est aussi un joueur de foot qui aurait pu devenir professionnel si un connard ne lui avait pété un genou. Il a la niaque des champions, il veut marquer tous les buts, il drible comme un dieu, il gagnera le championnat et sera ballon d’or. Sinon, c’est pas la peine.

Ce gars, tu veux que je te dise, il m’impressionne. Et son film, je suis certain que je vais me régaler à y jouer dedans. Comme un match de foot qu’on va gagner. Et un beau match. Sinon, c’est pas la peine.

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Toril à Angoulême, c’était beau

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Vincent Rottiers Photographe Christophe Brachet

Un vrai bonheur, cette projection de Toril à Angoulême. Merveilleux retours tant de la part du public que des professionnels. Rarement ressenti autant de bienveillance et d’intérêt pour un film auquel j’ai participé. Toril de Laurent Teyssier, c’est un film qui va compter. Et le Vincent Rottiers, il nous fait du grandiose.

Je me suis rendu compte de l’impact du Village Français par les nombreux fans qui sont venus à ma rencontre. L’un m’a dit que ça faisait plaisir de me voir dans un personnage plus détendu. Quand on voit Anselme, on se demande si vous avez des dents, me dit-il.

Dans les rues d’Angoulême, Vincent Rottiers m’avait accompagné pour retrouver ma Punto Leclerc de location pour rejoindre la fête du soir. Un groupe de jeunes nous accoste. La jeune fille de 17 ans avait tellement adoré le film, qu’elle projetait de faire des prospectus qu’elle distribuerait pour la sortie.

Très beaux articles de presse en perspective aussi (même si, forcément, on ne fera pas l’unanimité car ça deviendrait louche). Bref, la suite de l’aventure de Toril s’annonce joyeuse. Verdict dans vos salles de cinéma le 14 septembre !

Moi-je

Nous avons dîné en petite équipe, Candice de la Belle Company (distribution), Fred de Tita (production), Laurent (réalisation), Vincent (le bel acteur), Frédérique (l’agent du bel acteur). Comme j’étais en forme, j’ai joué le rôle du con, mal fagoté, sortant un « moi-je » entre chaque phrase. Et comme d’habitude, je m’en suis voulu. La presse n’a pas été intéressée par ma présence sur les plateaux de ce matin. Par moment, je la comprends.

C’était la petite note dépressive autocentrée indispensable au blog, mais je suis très heureux et très fier d’accompagner cette belle aventure de Toril. Je repense encore au coup de fil de Laurent Teyssier quand, deux ans après m’en avoir parlé, il m’annonçait que le film allait se faire et que j’en étais encore. J’avais tellement pensé que je n’aurais pas le rôle, tellement conscient du système de financement des films et de la toute petite place qui est la mienne à l’intérieur, que j’avais trouvé que c’était un grand monsieur. Reconnaissance éternelle nous disait Mike Jansen sur le tournage de Peau d’homme, Cœur de bête. J’avais trouvé cette expression très jolie et Laurent la mérite.

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Rentrée Toril !

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Enfin le festival d’Angoulême commence cette semaine ! J’y serai en voisin de Charente, mais surtout parmi ceux qui accompagneront Toril de Laurent Teyssier présenté mercredi 24 en avant première.

Toril toujours est en compétition au festival de Montréal (seul film français de la sélection). Je rappelle la sortie nationale le 14 septembre.

Sinon, on m’a appelé pour me demander si j’étais libre à telle date pour un hypothétique casting. Maintenant, l’hypothèse d’un casting devient une nouvelle. Dans les temps fastes, c’est un rendez-vous ferme pour une rencontre dans les disponibilités de son choix. Ceux moins certains, c’est un rendez-vous pour une audition à date imposée. Maintenant, c’est qu’il y aura peut-être une audition tel jour. Je n’ose imaginer demain.

Mais on s’en fout. La vraie question se situe dans des choix personnels qui demeurent (notamment deux films à faire) et des propositions pour l’année qui vient.

Sinon, pour ceux qui suivent le blog, j’ai eu une nouvelle visite malicieuse de la huppe fasciée.

Ce week-end fût consacré au plaisir d’une grande réunion familiale, le jardin transformé en camping.

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Un drôle d’oiseau, tiens !

Tourterelle turque Streptopelia decaocto Eurasian Collared Dove

Il y a comme ça des gens qui sifflent avec les oiseaux, qui semblent leur parler. Souvent, ce sont des « vieux ». Une manière de combler le vide suscité par leur misanthropie par un amour soudain pour les animaux de toutes espèces. Les oiseaux, je leur « parle » depuis mon enfance. Enfin. Disons que j’imite le chant de quelques-uns. Et de fait, hiboux, merles, pigeons, tourterelles sont intrigués par mes piaillements et répondent le plus souvent. Hier, c’est une tourterelle qui a tapé la causette. Je l’aperçois, l’appelle, elle m’entend, me voit, me répond, s’envole, me survole, va se poser sur le toit le plus proche et chante encore. Je l’imite, elle me répond, s’envole, me survole, se pose sur un arbre et continue la conversation. Ainsi de suite.

Mais en y réfléchissant un tout petit peu, je me rends compte qu’en fait, je ne comprends rien à ce qu’elle me raconte. Mais rien du tout. Si ça se trouve, c’est juste un mâle qui me dit « casse-toi, t’es sur mon territoire ! ». J’ai pas les codes, pas l’alphabet des oiseaux.

Finalement, c’est comme dans certains dîners en ville. Ou quand je rallume la radio pour entendre les nouvelles. En ce moment, ça tourne en boucle : burkini et JO. Mais qu’est-ce que je m’en fous ! Tout comme du chant de ma tourterelle d’hier. On reconnaît la musique, mais c’est creux, vide. Ça piaille pour faire du bruit.

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Histoire de pays

sourcier

Dans La Charente Libre d’hier, il y avait un article qui m’a bien fait plaisir. On y présentait André Linard, l’ancien maire de La Rochefoucauld qui est devenu sourcier par amour de ses administrés (ou par nécessité, si vous préférez).

Quand il accède aux responsabilités, dans les années soixante-dix, il doit faire face à un problème crucial : la commune manque d’eau. Sans points d’eaux suffisants, cela signifie un développement moins facile et une eau de ville chère. Un ami à lui, maire aussi à Montbron, lui a offert le bouquin de Yves Rocard (physicien) sur le signal sourcier. Que fait le maire ? En appliquant ce qui est écrit dans le livre, il essaie de faire le sourcier. Au début, ça ne fonctionne pas. Et puis, le signal magique survient avec des baguettes métalliques qu’il s’est confectionnées. Dès lors, il n’a de cesse de chercher de l’eau sur sa commune déshydratée. Et paf, il fait forer à un endroit où les baguettes lui indiquent de l’eau à gros débit. C’est ainsi que nait le forage du château d’eau. Il continue sur sa lancée et va trouver un gisement encore plus important qui permet à la ville d’avoir sa régie municipale d’où coule l’eau la moins chère de France. À quatre-vingt-dix ans, l’ancien maire a plus de 400 forages à son actif.

Voici comment quelqu’un, sans aucune formation, sans initiation, a décidé d’aller au-delà de son rationalisme pour devenir sourcier avec pour principal souci de résoudre un problème concret.

Merci à Véronique de la Bellone (le cœur vivant de mon petit village d’adoption, bar-tabac, alimentation-restau) de m’avoir communiqué cet article.

Je m’aperçois que l’article de la Charente Libre est en ligne. Vous pouvez le lire ICI

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Détente

le hasard fait bien les choses

J’ai fait de la comptabilité. L’art des chiffres a dû s’inscrire dans mes cellules. Un copain éditeur m’a demandé de lui pondre un article qui parlerait du métier d’acteur. 15.000 caractères espaces compris, qu’il m’a dit. Alors j’ai commencé à écrire, puis j’ai continué et à un moment, j’ai jugé que c’était terminé. J’ai alors regardé le nombre de caractères : 14.950. Après quelques corrections, je dépassais à peine les 15.000. Je n’ai pas suffisamment de pratique de ce type d’exercice pour savoir qu’il faut écrire un certain nombre de pages. Je ne crois pas non plus au hasard. On doit juste avoir une espèce d’intuition ou un compteur interne et inconscient qui fait le boulot.

Quand je dis que je ne crois pas au hasard, ce n’est pas uniquement par le prisme d’une lecture comptable. Par exemple, on m’a proposé de d’auditionner il y a un petit mois pour un personnage locataire du château de Sigmaringen en 44. J’avoue que ce détail de l’histoire m’avait jusqu’alors échappé. Le gouvernement de Vichy s’y était enfui lors de la débâcle. La semaine dernière, un ami me fait lire un scénario dont une partie de l’histoire se passe dans ce même château à la même époque, évidemment. L’ami en question, je dois faire un film sur lui. Objectivement, on pourrait voir une simple coïncidence. Et on a raison. Mais j’aime bien m’accorder la liberté d’y voir autre chose de plus mystérieux. La vie est plus excitante quand on y joue aussi avec ses mystères plutôt que les éloigner farouchement et systématiquement comme le font les rationalistes religieux du matérialisme.

Pour ce qui est de l’article dont il était question au début, je vous indiquerai où le lire le moment venu. Celui que vous venez de lire fait 1.727 signes.

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Vite fait en passant

huppe

Cet après-midi, tandis que j’avais trouvé un coin d’ombre et un fauteuil propices à la lecture, une huppe fasciée s’est posée à un mètre de moi. Elle est restée là un bon moment pour me laisser le temps de l’observer. Peut-être venait-elle dire au revoir avant de repartir en Afrique.

J’ai du mal à comprendre comment on laisse de tels oiseaux venir bouffer les vers de nos rouges-gorges Français. En plus, ce long bec, c’est pas très catholique.

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