Attrapé par le colbac

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C’est ce que je craignais (ou espérais, peut-être). La semaine dernière, j’avais un call-back (second rendez-vous pour casting) pour un rôle à un jour de tournage. Je devais avoir une réponse vendredi ou aujourd’hui. Pas de réponse pour l’instant. Tu me diras, passer un casting pour un rôle d’un jour quand tu as deux trois films derrière toi, c’est assez succulent. Mais ne pas être pris… je sais pas, il y a quelque chose de rassurant, de joyeux. Ben oui, une impression d’ordre, de juste retour des choses, de coup de pouce du destin.

Bref, pris ou pas pris, je suis heureux. Que demande le peuple ? Heu, le peuple, je préfère ne pas savoir ce qu’il demande 😉

On notera au passage que l’illustration n’a absolument rien à voir avec le petit article.

Complément dans lequel les bras m’en tombent. Cet article fait initialement sur le blog blancan a été censuré par Facebook parce que mon blog a été signalé par un idiot comme étant je sais pas quoi. Porno ? Porteur de fake-news ? Je vais voir comment régler ceci avec ceux-là… Je l’ai recopié dans blogabeber pour qu’il passe.

Quand les artistes se font arnaquer

Je n’arrive pas à trouver l’origine de la loi qui autorise un abattement de 25% sur les cotisations retraite des artistes, mais c’est une véritable honte ! J’en constate les effets au moment où je vais toucher ma retraite. Mais prenons une vision plus large.

Un trou du cul de ministre quelconque a décidé de faire un cadeau aux entreprises de l’audiovisuel et du spectacle : on va opérer un abattement de 25 % sur les cotisations retraite des artistes ! Chers producteurs, voici un petit geste fiscal qui va vous profiter. Chers artistes, vous, on va vous niquer jusqu’à l’os ! Voyons les effets que ça engendre concrètement pour le producteur et pour l’artiste.

Sur l’année de travail pour un salaire annuel de 20.000 euros (1.666 brut par mois).

L’artiste va voir son salaire net annuel augmenter de 966 euros soit 80,5 euros par mois.

Le producteur, lui, fait une économie de 1197,84 euros soit 99,82 euros par mois.

À ce stade, tout le monde est gagnant. Le producteur plus que l’artiste. Voyons maintenant l’incidente que ça a sur la retraite de l’artiste.

La retraite de base va passer de 10.000 euros annuels à 7.500 annuels ce qui veut dire qu’au lieu de toucher 833 euros par mois, il ne touchera que 625 euros par mois.

Ce qui veut dire que chaque mois de sa retraite, il touchera 208 euros de moins soit 2.500 euros par an. Et ce, pendant toute les années de sa retraite. Pour le producteur, aucune incidence à ce moment.

En résumé, en une année de travail, grâce à cette mesure géniale, l’artiste a gagné 966 euros mais chaque année de sa retraite, il en perd 2.500.

Le mec qui a pondu ce truc immonde, il a fait l’ENA ? Le producteur qui applique cet avantage a-t-il la moindre considération pour l’artiste ? Les syndicats, ils font quoi, en fait ?

La nuance

La loi dit que l’employeur doit demander au salarié son accord pour appliquer cet abattement par écrit. À part pour le village Français et avec ma productrice, je n’ai jamais vu un producteur me dire si tu acceptes d’appliquer l’abattement tu toucheras 80 euros en plus ce mois-ci mais pendant toute ta retraite, toute ta vie, tu toucheras 208 euros de moins par mois

Présenté comme ça, évidemment, j’aurais toujours demandé à ce que cet abattement de merde ne me soit pas appliqué. Au lieu de cela, soit je n’ai pas reçu la demande, soit quand c’était une petite prod, pour un court-métrage, par exemple, grand-seigneur (sachant que ça leur faisait des économies), je leur disais de l’appliquer.

Le petit coup de pouce fiscaux aux entreprises sont souvent payés très chèrement par les salariés. Mais allons-y, continuons à voter pour les guignols En Marche, de droite ou même socialistes. Au stade où on en est, ils sont tous responsables de cette situation absurde et d’une injustice crasse.

J’espère que cet article servira à mes jeunes camarades.

Si parmi vous quelqu’un est capable de me dire qui a fait voter cette loi et quand, je suis preneur.

Le monde de demain

Pendant le confinement, j’avais fait une chanson qui s’appelait Le monde de demain. Elle remettait en doute les volontés gouvernementales de tout changer pour un monde plus juste qui récompenserait ceux qui se sont révélés être les véritables acteurs de la bonne marche de notre société.

L’interview du 14 juillet de notre cher président vient confirmer que, non seulement rien ne va changer sous son règne, mais que tout a des chances de s’aggraver pour les plus fragiles (on ne touchera pas aux plus fortunés, promet-il).

Il est déjà loin son discours qui disait qu’il fallait changer de paradigme, de modèle, qu’il fallait tout réinventer. 

Castex premier ministre, l’ours imitateur de son maître Sarkozy, ne semble pas donner le gage des changements les plus profonds.

Nous nous dirigeons vers un rustinage à minima pour lequel on demandera aux mêmes de faire les efforts.

Mais restons optimistes. On a Bachelot à la culture. Après son stage aux grosses têtes, elle a tout d’un André Malraux ou d’un Jack Lang, c’est évident.

En écrivant ceci, j’ai tout du Français jamais content. Peut-être. J’ai juste l’impression de comparer ce qui est dit à ce qui est fait. Je ne sais pas si c’est français, chinois ou polonais. En tout cas, ce n’est pas moi qui fait des grands discours, qui appelle à enfourcher les tigres et autres délires. 

Allez, masque obligatoire le 1er août ! En voilà une mesure fort à propos…

Ça porte ses fruits

J’ai bien fait de me livrer à la pensées positive l’autre jour. J’accumule les bonnes nouvelles à un point qui frise l’indécence. Je vais rencontrer un scientifique pour mes expériences sur l’eau. C’est un fait assez décisif pour la suite. J’ai appris que mon projet de bouquin a reçu l’aval d’un premier comité et devrait être définitivement validé avant la fin du mois. Par ailleurs, je passe un casting la semaine prochaine pour un rôle taillé sur mesure et très important. J’écris l’article avant d’appeler ma productrice pour les films en cours parce que ça ferait trop.

Je suis assez fan du monde d’après, même s’il tourne en ce moment autour de mon nombril.

Bonheur

Je regardais le gens dans la rue et je me disais que nous avons une sacrée chance. Nous habitons un beau pays, extrêmement juste socialement, où les valeurs les plus généreuses et humanistes font l’unanimité au sein de la population. Nous réalisons ensemble le rêve de tant de générations. Nous sommes pleinement satisfaits des élus qui nous représentent si bien, avec désintéressement et ce souci constant de justice et de transparence, en même temps qu’une responsabilisation intelligente de chacun de nous. Sur le visage des passants se lisent l’amour du prochain et la joie de vivre.

Ce matin, j’ai mis une petite gamelle d’eau sur mon merveilleux balcon plein sud afin que oiseaux et insectes viennent se désaltérer à loisir. Petite piscine gratuite, les amis ! Leur chant ressemble à un joyeux merci.

Vêtu d’un voile de patience, avec sérénité, je laisse toutes les bonnes nouvelles prendre le temps de venir à moi, fruits délicieux de messages envoyés ici ou là, en réponse à des castings, des projets passionnants, aux résultats de comités divers.

De temps à autres, je m’essaie à un exercice de pensée positive. J’en arrive à la conclusion qu’en fait, pour être parfaitement heureux, mieux vaut ne pas penser du tout, être sourd, aveugle et trépané. À moins de tout simplement considérer le monde tel qu’il est, avec ses imperfections et de renoncer à vouloir le changer. Je vous aime.

Contre

Se battre. La vache se montre un peu trop affectueuse – en réalité friande du sel de la transpiration. Mais dans la société des hommes, il faut se battre sans cesse.

Se battre contre la peste brune qui instille jour après jour son venin dans la collectivité. Contre la popularité des Zemmour. Contre le marketing d’un président qui gesticule sans fin pour conserver sa place. Contre des opposants qui n’ont rien d’autre à opposer que leur désir de prendre la place. Contre les rouleaux compresseurs du journal collectif qui aplanit toute pensée qui dépasse. 

Contre cet employé d’administration qui ne fait pas le travail qui satisferait aux droits qui vous sont dus. Contre le monde de la fiction qui vous fait passer des essais pour un rôle d’un jour avec deux répliques, sans vous donner de réponse, alors que vous avez si longtemps tourné et tourné et tourné. Contre ceux qui n’aident que les projets artistiques qui ne sont que la réplication de projets artistiques existants. Contre ceux qui renoncent à comprendre.

Contre la bien-pensance et la non-pensance. Contre l’immobilisme et le consensus. Contre la satisfaction ridicule de ce qui existe et que l’on possède. 

Contre notre propre résignation.

Vers Nébraska

Image Fanny Reynaud – Nebraska de Lou-Théa Papaloïzos – E c al

Retour Paris. Voté par procuration dimanche. J’ai bien aimé la vague verte. Mais pas de politique aujourd’hui. Retour au journal d’un comédien.

Avec les 2 ans de théâtre et à part 3 jours sur le film d’Olivier Dahan, cela faisait un bon bout de temps que je n’avais pas tourné. On me dira que jouer, c’est comme le vélo : ça ne s’oublie pas. Mais c’est un peu vite dit. Je crois que ce retour au théâtre m’avait un brin perturbé dans ma façon d’appréhender le jeu au cinéma, malgré une carrière honorable. En faisant notamment ma bande annonce, j’avais constaté que mon jeu ne me plaisait pas, que j’en faisais trop, pas assez simple, trop dans le faire, dans la démonstration et le forcé. Eh oui, on peut vite dériver, frêles embarcations que nous sommes.

Ce film en Suisse aura été l’occasion de commencer à corriger le tir, sous la direction d’une équipe souvent plus jeune que mes propres enfants. Il ne se sont pas encombré de politesses gênées pour me dire ceci ou cela, corrigeant quand il le fallait. Et leur regard était toujours juste. Cette semaine m’aura permis de dépasser l’opinion que j’avais de moi ces derniers temps, à savoir que je pensais que j’étais en train de devenir doucement un mauvais acteur. Il n’est pas d’âge pour se remettre en question. C’est la condition indispensable pour durer dans ce métier, à moins d’être une icône qui peut se permettre de jouer comme un pied.

Je ressors donc de ce tournage tout redynamisé, confiant et prêt à me frotter aux plateaux de tournage. On va vérifier si ça marche, pas plus tard qu’aujourd’hui car j’ai un casting autofilmé. J’aime ce boulot !

Merci à Lou-Théa pour son écriture et sa réalisation, à la caméra de Fanny, aux micros de Théo et à cette équipe de jeunes cinéastes que ne s’est pas contentée de jouer à faire un film. Il y avait l’exigence de ceux qui font tout pour qu’un vrai film surgisse.

Ça commence comme ça

.Une semaine de tournage en Suisse. Je joue un paysan. Avec des vaches. Et un visiteur impromptu. Scénario minimaliste et impressionniste (Nebraska de Lou-Théa Papaloïzos), grand air, grand beau, équipe jeune et pro. Franchement, ça déconfine bien. Le monde d’après commence là, pour moi.

Arrivé à Lausanne, je n’ai pas manqué de porter mon regard sur la rue de l’hôtel dans lequel nous logions pour Intra-Muros. Nous avions fait pas mal de dates de tournée en Suisse. C’est là que j’ai commencé à aimer ce pays que je ne connaissais pas en dehors des clichés liés à l’horlogerie, au chocolat, au fromage et aux milliardaires qui y cachent leur argent. Pour une fois, j’aurais envie de dire que c’est plus compliqué que ça.

Jouer un paysan, en tout cas, ça me convient pas mal.